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  • : Fou2Foot - Le Blog de Jack
  • : Blog créé par Jack, passionné du ballon rond. Ce blog est dédié au Toulouse Football Club et à ses performances en Ligue 1 et en Ligue 2...
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  • Jack
  • Animateur-journaliste depuis 15 ans sur différentes radios toulousaines. Je commente en live tous les matchs du TFC en intégralité à domicile et à l'extérieur.
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Compétition officielle Ligue 2

Matchs joués :

TFC - Clermont Foot 63 : 3 -2

AJA - TFC : 3-1

ESTAC - TFC : 1-1

FC Girondins de Bordeaux - TFC  : 0-2 (CdF)

TFC - AC Ajaccio : 3-0

Rodez - TFC : 0-1

TFC - Amiens SC : 3-0

Valenciennes - TFC : 0-1

Aubagne - TFC : 0-2

Matchs à venir :          

TFC - FC Chambly Oise : Sam 13/03 - 20h

Niort - TFC : Sam 20/03 - 20h

TFC - AS Nancy Lorraine : Sam 03/04

Classement  Actuel TFC :  3ème - 52 points

 

 

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N'oublions jamais BRICE

Podcasts des émissions radio (RMP90.1))

4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 19:56
TFC – Reims ; 1-0 : Un tout petit pas de fait

 

By Jack

 

Samedi soir en s’imposant péniblement face à Reims, le TFC a fait un tout petit pas dans la course au maintien. En effet, autant cette victoire est importante pour la confiance et pour la place au classement (de la 17ème à la 14ème aujourd’hui), autant en terme de points, les violets restent à portée des relégables avec toujours, seulement deux points d’avance sur la zone rouge et quatre sur la lanterne rouge. Autre point positif de cette 23ème journée, le nombre d’équipes (3) entre Toulouse et Evian qui permet aux haut garonnais d’avoir un matelas légèrement plus confortable… Cela dit, trop de lacunes encore dans le jeu des hommes de Casanova incitent à une extrême prudence.

 

Tête ratée, but marqué

 

Tout a basculé à la 44ème lorsque Pesic, bien servi par Tisserand qui a enfin réussi un centre dans ce match, a piqué sa tête plus du nez que du front, a trompé un Johnny Placide fragile tout au long de la partie. Sur l’action, le portier rémois a été trompé par la trajectoire de la balle alors qu’en restant sur ses appuis, ou éventuellement en sortant sur la ligne des 5.5 mètres, il aurait dû s’en saisir. Un but lourd de conséquence de part et d’autre. Pour les toulousains, 3 points qui permettent de prendre une petite bouffée d’oxygène dans ce championnat et de renouer avec la victoire qui les fuyait depuis 84 jours à domicile et qui leur faisait défaut tout simplement toute compétitions confondues depuis quasiment deux mois soit 7 rencontres sans succès. Pour Reims, un nul ou une victoire aurait permis d’atteindre la barre symbolique des 30 points.

 

Alors oui, Pesic n’a pas accompli un geste très académique mais au moins, il a été efficace, son but et cette victoire compteront à la fin de la saison à condition que la suite des résultats soit positive notamment lors des deux prochains matchs face à des adversaires largement à la portée des téfécistes (à Caen samedi prochain et Rennes le 14 février), eux aussi en lutte pour le maintien. Attention, le résultat acquis face à Reims ne doit pas faire oublier l’incapacité à mettre un second but contre un adversaire très faible même s’il y a de grosses satisfactions et depuis bien longtemps, on a vu un Toulouse Football Club en progrès.

 

 

Nouveau système intéressant, enfin un onze type ?

 

Pour la 3ème fois depuis le début janvier, Alain Casanova avait décidé de changer son système de jeu : exit le 3-5-2 trop poreux et inadapté aux « talents » individuels toulousains, fini le 4-1- 4-1 mettant en porte à faux Ben Yedder, place au système que personnellement, j’appelais de mes vœux depuis le début de la saison et que je réclamais encore dans l’avant match samedi soir sur RMP, le 4-4-2. Deux défenseurs pour stabiliser l’arrière garde et encaisser moins de buts, Deux récupérateurs pour comme leur nom l’indique, gratter des ballons à l’adversaire et organiser le jeu, Deux ailiers offensifs pour remonter les ballons et étirer la défense adverse et deux attaquants pour conclure les actions. Bref, un système parfaitement adapté aux qualités toulousains et à l’effectif violet surtout avec les joueurs présents samedi soir.

 

Certes, il a été difficile de juger l’association improbable en charnière centrale Grigore-Yago, tant elle était inattendue, Grigore avait joué en 6 lors des derniers matchs et n’avait pas été convaincant en défense centrale auparavant. Quant à Yago, il n’avait été titularisé qu’à 2 reprises pour un seul remplacement cette saison et n’avait plus joué sous les couleurs violettes depuis le 19 Octobre… Durant ce laps de temps, il n’apparaissait que très rarement dans le groupe et on parlait même de lui comme d’un transfert éventuel au mercato d’hiver. Comme quoi, la CAN, les blessures et contre-performances balkaniques l’ont remis sur le devant de la scène… Difficile donc de juger cette paire tant l’attaque rémoise a été faible et n’a pas éprouvé ce duo qui ne pourra pas être renouvelé dans l’immédiat (Grigore sera suspendu pour le déplacement à Caen). Les latéraux ont été plutôt solides et intéressants en attaque. Le milieu récupérateur a été performant en partie dû au retour express d’un Tongo Doumbia en jambe malgré les heures de vol depuis la Guinée, la différence de température et l’élimination au sort à la CAN. A ses côtés, Didot enfin re-titularisé a été lui aussi très disponible et a orienté le jeu correctement. Enfin, toujours au milieu mais sur les ailes, Braithwaite et Trejo, malgré leurs limites techniques, se sont battus et ont été meilleurs que d’habitude… Devant, Ben Yedder a effectué un bon tir cadré en première qui aurait pu permettre l’ouverture du score, le reste de son match a été comme souvent en hiver, une longue traversée du désert glaciaire. Décidément, notre Wissam n’est pas un joueur hivernal. Dès que la température est en dessous des 15 degrés, on ne le reconnaît plus. Sans doute, une réminiscence de son passé en futsal. Un élément à prendre en compte pour sa future destination en fin de saison… A ses côtés, Pesic sauve son match en marquant mais avant son but et derrière l’ouverture du score, ses lacunes techniques et son manque de justesse devant le but font craindre énormément de regrets en fin de saison… A l’image de sa tête ratée en deuxième période, de sa reprise dans les chaussettes face à Bastia ou le raté phénoménal contre le PSG en septembre…. Pour ne citer que 3 actions qui peuvent coûter cher dans quelques mois. Cela dit, il se bat et à défaut d’être suffisamment efficace, il est très présent et ne compte pas ses efforts sur le terrain.

 

Le système est bon, meilleur que les autres testés depuis un long moments et les blessures et autres suspensions semblent avoir résolu le problème d’un effectif trop hétérogène. Casanova semble avoir enfin trouvé son onze type. Mais en a t-il conscience et osera t-il le reconduire même quand les blessés reviendront ? Les grands perdants de cette victoire sont effectivement, les absents. En premier lieu, Abel Aguilar, qui juste pour info n’a pas participé aux deux dernières victoires toulousaines (à Nantes et contre Reims), une fois suspendu et l’autre blessé. De plus, ses mauvaises prestations récurrentes depuis le mois d’Août et l’information précédemment citée, mériteraient l’attention d’Alain Casanova. Osera t-il mettre le colombien sur le banc à son retour ? Rien n’est moins sûr… Parmi les autres grands perdants du jour : Spajic, Ninkov, Veskovac, Sylla, Spano… et les jeunes.

 

N’en déplaise aux éternels optimistes qui croient que les jeunes sont la solution, les expériences Bodiger, Blin, Benali… incitent plutôt à penser le contraire et à espérer que le coach s’appuie davantage sur les pros que sur un centre de formation qui n’a vu personne en sortir à un niveau de Ligue 1 depuis quelques années !

 

Prendre des points sur les deux matchs qui arrivent

 

C’est la mission qui attend le TFC avec le « bloc de la mort » qui attend les toulousains derrière. Déplacement à Paris le 21 février, réception de St Etienne 7 jours plus tard et venue de l’OM le 7 mars… Autant dire qu’en trois rencontres face à des cadors, les violets ne sont pas assurés d’améliorer leur total de points acquis au soir de la 25ème journée. Autant dire que les deux matchs qui arrivent à Caen et à Rennes, ont une double importance : prendre des points nécessaires au maintien et battre des adversaires directs dans cette lutte pour la survie dans l’élite. En un mot comme en cent et surtout comme on dirait à Ernest Wallon, les toulousains doivent à présent transformer l’essai.

 

 

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 11:22

Par Emilien Bartoli

 

TFC-RCL00.jpgLes signaux avaient été allumés, le peu d'attrait des violets pour les rencontres avancées au vendredi soir avéré, la tendance au nivellement par le bas contre les équipes mal classées stigmatisée, pourtant le TFC n'a pu éviter une défaite d'école face à des nordistes affamés. Explication de cet échec en cinq points.

 

Face à l'hécatombe sportive connue par le RC Lens (cinq absences majeures au cumul des blessés et suspendus), additionnée à une situation backstage toujours aussi floue (qui veut lâcher des millions ?), certains dirigeants auraient craqué. Gervais Martel n'est pas de ceux-là, Antoine Kombouaré encore moins. L’entraîneur artésien a déjà prouvé sa capacité à mobiliser en situation de crise, de créer une union sacrée face à un amoncellement d'obstacles. La route du promu, lanterne rouge avant ce déplacement au Stadium, était particulièrement minée ces dernières semaines. Si la citadelle toulousaine était imprenable depuis le début de la saison (2 victoires, 2 nuls), elle sourit historiquement aux équipes à la relance.

 

Malgré ces éléments en mains, le suiveur moyen du TFC ne pouvait croire à une défaillance de ses poulains, opposés en bonne partie à des joueurs découvrant la Ligue 1 ou n'ayant disputé que des miettes de matchs depuis deux mois. L'infirmerie violette affiche les mêmes patients depuis un petit moment : l'emblématique Didot, l'espoir Matheus, le rugueux Spajic ainsi que les rarement vus Roman et Tisserand. Pas de quoi conclure à une équipe déséquilibrée ou victime de problèmes de rendements liés aux absences, ce que défendait étonnamment le journaliste de l'Équipe dans son papier le jour de la rencontre. Après la parenthèse Steeve Yago à Marseille, le trio défensif mis en place avec succès depuis le forfait de Spajic reprenait du service. Au milieu les interrogations concernaient l'animation, confiée à Trejo plutôt qu'à Regattin, et l'aile gauche où Sylla était préféré à Ninkov. Enfin, Pesic retrouvait sa place aux avant-postes au détriment de Braithwaite.

 

Voici une sélection de données concernant les violets sur cette rencontre :

 

Composition de départ : Boucher / Veskovac-Grigore-Moubandjé / Akpa-Akpro-Trejo-Aguilar-Doumbia-Sylla / Ben Yedder-Pesic

Remplacements : Spano à la place de Veskovac (44') Regattin à la place de Trejo (46') Braithwaite à la place de Sylla (72').

 

Nombre de centres (coups francs compris) : 64

Possession de balle : 73 %

Nombre de corners obtenus : 15

Tirs effectués : 16 dont 5 cadrés

Joueurs ayant touché le plus de ballons : Moubandjé (95), Aguilar et Akpa-Akpro (93)

Joueur ayant le plus frappé au but : Pesic 5 fois dont 3 tirs cadrés.

 

À l'aune de ces chiffres et du jeu observé, nous pouvons pousser la réflexion plus loin, distinguer les diverses failles d'un soir :

 

1. Un plan d'attaque non respecté

 

« Nous n'avons pas effectué le premier quart d'heure intense que nous avions prévu, pas mis la pression qui aurait été susceptible d'installer le doute chez cette équipe de Lens fortement renouvelée » avoue Alain Casanova en conférence de presse. Oui le TFC avait le ballon entre les crampons avant l'ouverture du score adverse (11'), mais qu'en faisait-il ? Et surtout à quel rythme ? Hormis le centre-tir de Pesic (4') obligeant le jeune Belon à se détendre, nul danger à l'horizon. Le jeu se caractérisait par de timides transmissions sur la largeur, des passes redoublées symptomatiques d'une absence de prise de responsabilité. Alors faute de pouvoir percer le double rideau adverse, les Toulousains ont opté pour un usage abusif des ailes et des centres. Pas des centres rendus favorables par des décalages ou des débordements, non, des centres purs et durs, non soucieux de leur devenir. La faute relève avant tout des joueurs, d'abord statiques puis maladroits et progressivement asphyxiés par le scénario défavorable. Cependant, compte tenu du prévisible schéma défensif adopté par Lens, n'y-a-t-il pas eu erreur de coaching dans le choix de Trejo en principal distributeur ? Aussi technique soit-il, l'Argentin a besoin de beaucoup d'espace pour s'exprimer, ne possède pas la pointe de vitesse qui permettrait de fausser compagnie à une défense resserrée. Soit tout l'inverse d'un Regattin, champion du dribble en cabine téléphonique et susceptible de faire voler en éclat tout plan de jeu rigoureux.

 

2. Une course après le score, maladroite

 

« On aurait pu jouer encore six heures que l'on n'aurait pas marqué. » Voilà une phrase qui a émergé de nombreuses lèvres à la sortie du Stadium vendredi soir. Il est vrai que les ultimes coups de boutoirs lensois ont même fait craindre le 0-3, notamment l'action de Fradj stoppée in extremis par Spano (83'). Le ratio tirs cadrés/tirs tentés (moins de 30%) révèle aussi de la précipitation dans l'exécution du dernier geste. Trop mous à 0-0, balbutiants suite à l'ouverture du score, carrément perdus entre le but du 0-2 de Bourigeaud (27') et la mi-temps : chandelle direction le néant pour Akpa-Akpro, dégagement en touche de Boucher, douleur aux adducteurs gênantes pour Veskovac, loupés inquiétants d'Aguilar. Déjà grippé, le moteur passe près de céder durant cette vingtaine de minutes. Au retour des vestiaires, les intentions sont meilleures, toutefois improductives : « La deuxième mi-temps a davantage reflété notre niveau, mais le handicap était trop conséquent pour faire plier nos adversaires » admet Casanova. Les entrées de Spano et Regattin ont effectivement apporté un vent de fraîcheur et de détermination. Ce dernier a transcendé les offensives et été amené à frapper plus de corners sur une mi-temps que depuis le début de la saison. Mais il ne pouvait sauver une rencontre à lui seul, compenser les multiples ratés de Pesic et Braithwaite durant les vingt dernières minutes.P1190890.JPG

 

3. Des lignes trop espacées

 

À la vue de la feuille de match, j'ai cru un temps qu'une variante allait être introduite à l'habituel 3-5-2, à savoir la création d'une ligne intermédiaire avec Abel Aguilar devant sa défense et premier relanceur pour les milieux à vocation plus créateurs que sont Trejo et Doumbia. Hélas, il n'en fut rien et les sorties de balle s'en sont ressenties. Face à un pressing diabolique des Lensois, la ligne arrière, Grigore en tête, a éprouvé les pires difficultés pour rendre une copie propre. Réputé pour avoir le profil « box to box », Doumbia a trop peu pesé sur les duels autour du rond central et n'a jamais alimenté les deux attaquants comme son rôle le suppose. Frustré, Ben Yedder n'a pas hésité à décrocher à plusieurs reprises au cours de la première période. L'entrée d'un joueur comme Regattin, capable de porter beaucoup le ballon, a fluidifié les connections sans lever les interrogations persistantes autour du 3-5-2.

 

4. Une confiance qui s'étiole au fil du temps

 

« Peut-être un peu de suffisance dans la façon de jouer, la possession aurait dû être accompagnée de l'esprit de sacrifice allant avec. Trop peu de rythme, trop de déchet, ce qui a favorisé le plan de jeu des Lensois » poursuit le coach toulousain dans son analyse. Suffisance ? Encore faut-il définir ce que l'on entend par là. Le fait de conserver longtemps le ballon, de le faire abondamment circuler, de varier le jeu d'un côté à l'autre du terrain ? Autant de phases de jeu répétées qui traduiraient d'un manque de respect et/ou de crainte vis-à-vis de l'adversaire ? Par opposition, balancer de longs ballons devant témoignerait d'une attitude appropriée ? Au lieu de trancher ce procès de perception éminemment subjectif, il faut se contenter des faits. À savoir un démarrage poussif, deux boulets aux jambes en moins d'une demi-heure, une perte de qualité dans la construction, des gestes élémentaires mal maîtrisées. Finalement, ce TFC-Lens n'aura peut-être été que cela, un scénario qui se goupille mal et dont l'intrigue stagne faute de protagonistes capables de créer des rebondissements. Bien loin d'un véritable non-match comme avait pu l'être TFC-Rennes (0-5) l'an dernier. À un flop irrationnel répond une défaite purement technico-tactique.

 

 

5. Des visiteurs en terrain conquis

 

Même de vieux abonnés du Stadium en convenait : rarement le kop d'une équipe visiteuse s'était autant distingué par la chaleur de ses encouragements, à la fois omniprésents et jamais agressifs envers le club accueillant. Leur nombre d'abord : une centaine selon la police, plus de trois cent selon les observateurs sur place. À eux seuls plus bruyants que le reste du stade, alternant leurs grands classiques (Les Corons de Pierre Bachelet, Les lacs du Connemara de Sardou) à des chants spécifiques au contexte tels « On est chez nous ! » ou ceux répondant directement aux incantations lancées par les Indians (« Nous sommes le téfécé...Nous sommes les Lensois ! »). Leçon de réalisme sur le terrain, leçon de « supportérisme » en tribune, un café l'addition...salée, forcément.P1190891.JPG

 

Les performances à retenir

 

akpaAkpa-Akpro : Il a eu le mérite de beaucoup tenter sur son aile droite durant la première mi-temps, seulement plombé durant les dix minutes flottantes suivant le but du 0-2. Moins prégnant suite au rééquilibrage offensif vers l'axe en deuxième période, Akpa-Akpro aura tout de même approché le total de 100 ballons touchés et adressé plus de dix centres pour ses attaquants.


aregattin

Regattin : Le chouchou du Stadium a encore donné des arguments à ses partisans. Parti à l'échauffement dés la 30e minute, il n'entrera qu'à la mi-temps pour suppléer un Trejo statique. Dribbles chaloupés, coups francs intéressants obtenus, centres dans tous les sens, perforations du milieu athlétique des Lensois, tout ce qu'on aurait aimé voir dés le coup d'envoi.

 

spanoSpano : Pour une entrée inopinée, due aux blessures (Spajic à la base puis Veskovac en cours de match), ce fut une réussite. L'arrière droit a parfaitement tenu la boutique en deuxième mi-temps. Citons sa résistance face à une ultime contre-attaque des visiteurs (83') qui fleurait bon le 0-3.

 

 

 

Les "performances" à oublier

 

boucherBoucher : Toujours aussi peu autoritaire dans ses interventions, pas en phase avec sa défense, il se distingue aussi par un plongeon curieux sur le 2e but. Encore une fois, la mauvaise prestation d'ensemble lui permet d'échapper à toute considération personnelle.

 


 

sylla 1Sylla : L'obstination de Casanova à tenter régulièrement la carte du jeune Guinéen (20 ans) est dure à comprendre tant ce dernier affiche ses limites. Trop végétatif et pas assez rude dans son engagement défensif, il est en cause sur les deux buts encaissés. Ne faut-il pas envisager une utilisation comme joker, le temps qu'il s’aguerrisse pour être apte à livrer 90 minutes de bonne facture ?

 

aaguilarAguilar : Un déchet inhabituel dans les relances, un positionnement qui ne permet pas de prêter main forte à son arrière-garde, si même une valeur sûre comme le Colombien baisse pavillon, il sera bien dur de tirer l'équipe vers le haut. Notamment fautif sur le ballon intercepté à l'origine du deuxième but.

 


 

Pour conclure sur ce TFC-RCL, voici l'habituelle résumé vidéo concocté par la LFP.

 

 

La semaine à venir

 

Double cuvée bordelaise au programme de cette fin octobre/début novembre. Une première manche à la maison en Coupe de la Ligue ce soir (mardi) puis un déplacement à Chaban-Delmas dimanche après-midi. Le discours officiel insiste sur l'importance accordée aux coupes cette saison, nous avons envie d'y croire, si tant est qu'on puisse décréter en amont viser un succès final ou au moins un beau parcours dans ce genre de compétition, dépendant largement de la chance au tirage. À ce titre recevoir un Bordeaux en nette perte de vitesse (un point pris lors des trois dernières rencontres de L1) constitue un challenge largement abordable. Contexte sportif auquel s'ajoute une gentillette rivalité pour déterminer de quelle couleur va se parer la Garonne. Les hommes de Willy Sagnol choisiront-ils de privilégier le rendez-vous du championnat ? Peut-être inconsciemment, pas sur le papier. Le groupe annoncé par l'ancien taulier des bleus pour ce mardi soir comporte pour seuls absents de marque les blessés (Rolan, Saivet, Planus, Sané) et suspendu (Poko). À noter qu'en cas de victoire dimanche, Bordeaux, actuel 6e repousserait son rival régional à sept longueurs, écart qui serait quasi rédhibitoire dans la perspective de regagner le premier tiers du classement d'ici la fin de l'année civile.TFC-TFC-Bordeaux-28-10-2014-Coupe-de-la-Ligue-avant-match.jpg

 

Côté TFC, pas le luxe de choisir : quatre jours après l'épisode lensois, une qualification empêcherait une mauvaise dynamique de s'installer. Pas de révolution d'effectif à attendre, la seule nouveauté sera la titularisation de Marc Vidal dans les cages, une forme de récompense pour la fidèle doublure (ex « triplure »). Quant au déplacement de fin de semaine, il paraît paradoxalement moins périlleux puisque les violets ont prouvé leur capacité à être davantage mobilisé dans un contexte où ils ne sont pas favoris. Rappelons que la dernière virée à Chaban s'était conclue sur un succès 1-0 en janvier 2014, à une période où les Toulousains entamaient une série exceptionnelle à l'extérieur. On est habitué à entendre qu'il est difficile de remporter deux matchs à domicile consécutivement, quid d'une double victoire face au même adversaire ? On sortira les calculettes dimanche soir.

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 23:23

P1180718par Émilien Bartoli

 

À moins d’un éventuel match nul, ce rendez-vous dominical au Stade Vélodrome devait sceller la fin de série pour une des deux équipes de L1 les plus fringantes avant la trêve internationale. Le sort a rapidement basculé en faveur d’Olympiens, vainqueurs sans trembler malgré un TFC vaillant en deuxième période.


 

Nul à domicile, victoire à l’extérieur. Depuis quatre journées, les Toulousains nous ont habitué à cette façon peu orthodoxe d’engranger les points. Ils ont ainsi suscité des espérances bien plus vives que ce qu’augurait le calendrier de septembre/octobre. Qui aurait dit de l’enchaînement Rennes/PSG/Saint-Étienne qu’il déboucherait sur le doublement des unités acquises lors des six premières journées (sept + sept = quatorze et une 8e place à la clé) ?


Après le parfait coup réussi à Geoffroy-Guichard (5 octobre), la perspective de la coupure « Éliminatoires Euro 2016 » sonnait comme une épine dans la dynamique violette. Était-il possible de maintenir ces belles dispositions chez le leader marseillais ?


TFC OM-TFC 19-10-2014 Affiche du match

 

La notion de test… oui mais pour qui ?


Durant ces deux semaines sans compétition, les violets n’avaient pas totalement disparus, ni ne s’étaient murés dans le silence. Un en particulier prit la parole de manière inopinée, brisant une des règles tacites du footballistiquement correct. Au moment où on ne l’attendait plus, Ali Ahamada s’épanchait dans les colonnes de L’Équipe (édition du 10 octobre 2014) au sujet de sa brutale rétrogradation dans la hiérarchie des portiers en janvier dernier : « Dès que Zac est arrivé, on m’a mis à l’écart. J’ai été sorti du groupe, soi-disant pour ne pas qu’il se sente mal à l’aise. Ma mise à l’écart c’est clairement parce que je n’ai pas prolongé. J’étais dans une période où mes performances étaient moins bonnes, c’est vrai. Mais ils étaient déjà à la recherche d’un gardien bien avant. Comme je n’ai pas prolongé, les dirigeants ont dû donner l’ordre à Casanova de ne plus me faire jouer ». Nous avions déjà pointé le manque de transparence sur cette situation conflictuelle peu coutumière du club Haut-Garonnais, véritable bombe à retardement qui a donc fini par être dégoupillée. Dans la foulée, l’ancien titulaire aurait été recadré de plus belle par dirigeants et même par certains coéquipiers. Sentence ultime d’Olivier Sadran, en tout cas relayée par les médias spécialisés, la promesse que le nom Ahamada ne figurera même plus sur une feuille de match. Autrement dit il ne bénéficierait même pas des vitrines Coupe de France/Coupe de la Ligue, compétitions allouées par convention au gardien numéro deux. Marc Vidal grand gagnant de l’affaire ?


En ce dimanche 19 octobre ensoleillé comme une fin juin, la polémique est déjà noyée sous un flot de nouvelles questions : l’OM accomplira-t-il le grand huit ? Toulouse confirmera-t-il soin aisance à l’extérieur ? Le travail de sape a payé sur les médias nationaux qui n’évoquent plus le TFC comme une victime désignée, mais parlent dans une belle unité de « test grandeur nature » pour la formation du « mage » Bielsa. Certes Saint-Etienne avait déjà plié devant l’armada alignée invariablement par l’Argentin (le onze type sera encore de la partie pour ce rendez-vous), mais cela venait trois jours après un déplacement diabolique en Europa Ligue. C’était écrit. En cas de succès l’OM s’afficherait candidat au titre, comment pourrait-il en être autrement avec un total de 25 points sur 30 possibles ? À se focaliser sur cet angle, les analystes oubliaient de considérer la tendance du premier quart de championnat toulousain : s’incliner (Nice, Bastia, Reims) ou ramer (Evian TG, Caen) devant des « petits » (les cinq équipes mentionnées sont classées actuellement entre la 12e et la 18e place) tandis que les joutes avec les présumés « gros » débouchaient sur des prestations d’éclat. En cas de tonitruante victoire en terres phocéennes, les violets graviteraient autour de la 4e place, relanceraient le mythe européen entretenu par une frange de supporteurs et accessoirement les enjeux de la Ligue 1 toute entière.


TFC OM-TFC 19-10-2014 Gignac Celebration

 

On n’est jamais mieux crucifié que par ses anciens.


Première mi-temps en dedans


Le vrai suspense se situait dans cette capacité à faire déjouer les cadors du championnat. À maîtriser le milieu de terrain grâce à ce 3-5-2 qui ne fait plus rire personne. La trêve internationale ne fit pas de miracle sur les organismes, l’entraîneur devait une nouvelle fois se passer des services de Spajic, Didot et Matheus, trois hommes considérés comme membres de l’équipe-type à l’orée de la saison dont les absences n’auront pas trop coûté. Ajoutons aussi les forfaits prolongés de Roman et Tisserand, sur lesquels tout verdict serait présomptueux.


L’effectif à la disposition d’Alain Casanova restait suffisamment qualitatif pour offrir autre qu’un rôle de sparring-partner à l’ogre marseillais. Ainsi le trio défensif Moubandjé-Grigore-Veskovac a su trouvé sa complémentarité lors des dernières rencontres. Mais là où Bielsa ne change pas une équipe qui gagne, son homologue choisit d’aligner Yago au poste d’arrière droit, décalant Veskovac dans l’axe et Grigore… en dehors du groupe retenu. Aucune info n’a filtré sur une éventuelle blessure du Roumain pour justifier cette option. Les autres modifications prêtent moins à contestation : Trejo retrouve le carré vert d’entrée en jeu pour mieux tenailler aux côtés d’Aguilar, on pourrait lui préférer Doumbia, dont le volume de jeu impressionne en dépit d’une arrivée en toute fin de mercato ; idem avec le retour en pointe de Martin Braithwaite en lieu et place de Pesic. Les deux peinent à traduire en statistiques leur influence sur le jeu, un seul ballon mis au fond des filets pour un temps de jeu relativement proche. Voilà de quoi doucher quelconque motif d’espoirs (la team Fou de Foot a néanmoins misé à 75 % sur un résultat nul…les 25 % restants optant pour une victoire toulousaine!), à l’image d’un texto prophétique de Jack pointant la présence de Yago comme problématique.


Coup d’envoi tout en vivacité, des Marseillais portés sur l’offensive avec une frappe enroulée de Payet que Boucher claque pour plus de sûreté (4′). L’ancien Stéphanois est le plus remuant et combine bien avec André Ayew. Pas encore de menace Gignac dans ces premiers instants.


Dans un registre tout ce qu’il y a de plus classique pour lui, Braithwaite accomplit la prouesse de prendre le dessus sur la défense, de rabattre un puissant centre de Ninkov vers les cages…pour la déviation de Mandanda sur la barre transversale (5′). Le Danois entretient sa réputation de malchanceux. J’intercepte d’ailleurs, au milieu du large flux de textos que j’échange avec plusieurs interlocuteurs durant une rencontre télévisée, une mention de l’excellent Denis P à ce sujet : « Black cat est de retour ». Je me contente d’imaginer le sort du même ballon repris par Pesic et tranche à la face de tous mes destinataires : « Il l’aurait mis ». Depuis son streaming d’Aquitaine, Jack J cisaille ma réflexion : « Tu n’as pas terminé ta phrase, il l’aurait mis…au dessus, à côté, en touche, tu avais le choix pourtant ».


Les Toulousains contribuent à rendre les échanges emballants, se portent en peu de passes vers la surface adverse, c’est même l’OM qui prend le parti de jouer les contres. Homme le plus en vue du premier quart d’heure, Adrien Regattin déploie tous ses gris-gris pour mieux servir ses attaquants, mais il va presque trop vite pour tout le monde, à l’image de ce centre fuyant (18′) capté par Mandanda. L’ouverture du score n’en semble pas moins éminente, mon instinct m’incite à la signifier à un de mes amis pro-OM. Prédiction immédiatement vérifiée, dans le sens adverse. Suite à un coup franc indirect, Payet trouve la tête épaulée de Nkoulou (20′). Beaucoup de réussite pour le défenseur camerounais, et voilà une partie qui change de configuration.


Méthodiquement les locaux vont littéralement asphyxier l’entrejeu, réduire à peau de chagrin les incursions violettes dans leur moitié de terrain. Seule la fougue de Regattin parvient à créer des décalages par intermittence, comme sur cette accélération où il transmet à un Ben Yedder de peu hors-jeu (34′). Le match est plié dans la foulée, un Gignac dans son pur style opportuniste fusille Boucher sur un centre déviée par Yago (35′). Les Olympiens transpirent la confiance et enchaînent les frappes au but tandis que les esprits s’échauffent côté visiteurs. Aguilar (40′) puis Yago (41′) prennent des cartons évitables, tacle à l’emporte-pièce pour l’un, gifle assénée au cœur d’une échauffourée pour l’autre.


Le gong de la mi-temps sonne sur un score finalement logique de 2-0, et non de 2-1 comme le tableau d’affichage espiègle du diffuseur télé l’a laissé croire un temps.


Passé la vingtième minute, le TFC a paru totalement désemparé, incapable de contrecarrer la mécanique bien huilée de son hôte. Plus que le système du 3-5-2 mis en cause par les commentateurs télés, l’accent doit être mis sur le manque de complémentarité entre le trio défensif, ainsi que les insuffisances à la récupération.


L’un des plus en difficultés est Veskovac. Sans repères dans cette position centrale, le Serbe traîne son spleen de longues minutes, son compatriote Aleksander Pesic (entré en 2e mi-temps) ne sera guère plus heureux à l’autre bout du terrain.


Cette inefficacité aurait-elle un quelconque lien avec le souvenir vivace du drone ayant menacé leur équipe nationale le mardi précédent ? Si encore ils avaient été sélectionnés on aurait compris.


Les changements s’imposent, le score demeure


Les paroles des commentateurs télés semblent avoir été entendues par Alain Casanova. Le coach fait mine d’envoyer le même onze au charbon, mais procède à deux changements rapides : Doumbia remplace Yago (52′), Pesic suppléé donc Braithwaite (56′). Avant cela, Akpa-Akpro avait provoqué un léger frisson dans la surface marseillaise (47′) tandis que la paire Regattin-Ben Yedder démontrait une nouvelle fois sa créativité (48′).


Toutes ces considérations ne nous ont pas empêché de savourer le plus beau geste technique de la reprise.


Pour en revenir aux changements, ils aboutissent à une mutation en une sorte de 4-4-2 avec Aguilar et Doumbia positionnés plus bas par rapport à leur rôle de prédilection. L’impact est au rendez-vous avec des sorties de balle plus propres et des ailiers qui parviennent enfin à exister : coup sur coup Akpa-Akpro et Ninkov amènent le danger aux abords de la surface adverse. La nouvelle vigueur des violets est favorisée par la baisse d’intensité générale, nettement due à des Marseillais lâchant du lest sur le pressing.


Pas la moindre occasion franche cependant, seules des percées débouchant sur des tirs contrés ou des quiproquos au moment du dernier geste. Issiaga Sylla est-il le bon élément pour apporter le second souffle salvateur ? Il prend la place d’un Ninkov exténué (72′) et se signalera au final très peu.

 

En face l’homme du match est incontestablement Nicolas Nkoulou. Comme un candidat de Koh-Lanta auréolé du totem d’immunité, il se permet d’accrocher en toute quiétude les basques de ses camarades sans risque de sanction : Pesic (73′) puis Ben Yedder (80′) sont ainsi jetés au sol sans éveiller les soupçons de Monsieur Delerue (à la rue ?).


Le sursaut d’orgueil se poursuit essentiellement par l’entremise de Regattin et Trejo, les seuls à délivrer des centres et envolées susceptibles de renverser la vapeur. Alors que les quelques centimètres manquant toujours à Pesic, pourtant souvent à la retombée, soldent les derniers espoirs, l’OM passe proche de corser l’addition suite à une toile de Boucher (90’+1).


Il n’en sera rien grâce à un retour salvateur de Sylla. Cette défaite 2-0 n’a rien d’honteux, mais on ne peut contenir un goût amer quant au flottement généralisé en première mi-temps, on ne peut ne pas s’interroger sur la pertinence du onze de départ sélectionné.


Le TFC serait-il voué cette saison encore à demeurer le roi sans couronne du ventre mou ? Un ventre mou particulièrement étendu puisque seulement quatre points séparent les Parisiens 2e et les Niçois 12e. Il est encore en temps de s’en extirper pour rejoindre plus durablement le quinté de tête, cela passe par assumer le statut de favori devant Lens puis de négocier au mieux le double derby de la Garonne la semaine prochaine (1/16 de finale de la Coupe de la Ligue au Stadium mardi puis déplacement en Gironde pour le compte de la Ligue 1 le dimanche).


Voici un petit récapitulatif de la rencontre en images

 

Lens, l’équipe piège par excellence…


Aussi vrai que le milieu de tableau est plus large que de coutume, la place de lanterne rouge va et vient d’un club à l’autre au gré des journées. Sans que l’on puisse conclure à une infériorité manifeste de son propriétaire. Point de Grenoble, Istres ou Boulogne S/Mer cette année pour jouer le rôle de souffre-douleur patenté. Il ne faudra donc pas prendre de haut le visiteur nordiste du Stadium ce vendredi 24 octobre au soir. Lens n’est qu’un collectif organisé, sans stars ni fond de jeu enthousiasmant. Or c’est précisément sa qualité de densité qui pourrait lui permettre d’assurer son maintien, et on ne demande guère plus à un promu.

 

À ce titre la prestation des sang et or face au PSG le week-end dernier était tactiquement parfaite, bien plus aboutie que ce que le résultat le laisse supposer (1-3). Il faudra s’attendre à une équipe très regroupée, loin d’ouvrir le jeu comme de précédents visiteurs comme Lyon ou Caen ont pu le faire. Or c’est face à ce type de concurrent que souvent le bât blesse côté violet. Sans remonter aux multiples points abandonnés face à des équipes sportivement inférieures la saison dernière, il suffit de se repasser le film de la partie à Reims il y a un mois et demi ou même devant ETG. La domination stérile face à de redoutables formations de contres, ça nous connaît du côté de la ville rose. Pourvu que l’avertissement n’ait pas été vain.

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 22:55

P1180717par Émilien Bartoli

 

 

 

Après le triomphe à Rennes et la belle bousculade d’un PSG boiteux, le Toulouse Football Club poursuit sa série vertueuse avec un succès plein d’opportunisme à Geoffroy-Guichard. Pesic a continué de faire du Pesic, mais Ben Yedder a su porté l’estocade. La parenthèse internationale cassera-t-elle la dynamique ?


 


 

 

Pour un peu qu’il suive encore ce qu’il se passe en L1, Francis Gillot a dû émettre un petit rictus de satisfaction à la révélation des résultats dominicaux de la 9e journée : les trois clubs engagés en Ligue Europa le jeudi précédent ont baissé pavillon. Alors comme ça il faudrait jouer cette compétition à fond ? En attente de voir un banc de touche se libérer, celui à qui la ligue devrait infliger une amende tant il a miné à lui seul le classement UEFA des clubs français se réjouit comme il peut. Son heure (re)viendra.


L’ombre bienveillante de la saison dernière


Sûrement pas du côté de la ville rose en tout cas. Alain Casanova aura dû attendre sa sixième saison comme coach principal du club pour être salué par le milieu du foot en tant qu’entraîneur « pas si défensif ». L’avènement du 3-5-2 comme système de jeu crédible a boosté l’édition 2013/2014, cette année pourrait être sa consécration. Il faudra donc accepter que le TFC ne soit plus cette équipe avec une grosse base arrière, vouée seulement à marquer sur des malentendus. L’emprise retrouvée dans l’entrejeu depuis la signature de Doumbia, les combinaisons débridées qu’amènent Akpa-Akpro, Regattin ou bien sûr Ben Yedder, l’impact nouveau de Ninkov, tout tend vers un onze désormais capable de monopoliser la balle. De marquer davantage, tout en encaissant beaucoup plus en retour (onze pions dans la musette en huit rencontres). Ce déplacement dans le Chaudron Vert, huit jours après une performance diurne enthousiasmante contre le PSG, avait tout d’une bonne opportunité. En vertu notamment d’un opposant diminué à tous points de vue : physiquement et moralement après sa partie improductive devant Dniepropetrovsk le jeudi, niveau effectif à sa disposition aussi puisque sa force offensive est restreinte par les absences prolongées d’Erding et Hamouma.

 

TFC ASSE-TFC 05-10-2014 02

 

 

Ainsi Christophe Galtier avait peu renouvelé son onze de départ à trois jours d’intervalle, seuls Cohade et Perrin étaient laissés sur le banc au profit de Corgnet et F.Pogba. L’ASSE en panne de réalisme allait-elle inverser la tendance face à un visiteur lui réussissant peu (une seule victoire contre deux défaites et quatre nuls) ? Le souvenir de la dernière venue dans le Forez était particulièrement prégnant, un succès 2-1 qui avait lancé la machine après une faible récolte de trois points dans les cinq journées initiales. Pas mal de nouveaux dans la composition alignée un an plus tard, mis en couleur turquoise ci-après :

Boucher/Moubandjé-Grigore-Veskovac/Akpa Akpro-Doumbia-Aguilar-Trejo-Tisserand/Pesic-Ben Yedder.



TFC ASSE-TFC 05-10-2014 Pesic Lequipe

 

L’article qui rend enfin justice aux sans-grades.


Ajoutons que Jean-Daniel Akpa-Akpro et Abel Aguilar étaient alors blessés, Moubandjé occupait une place sur le banc de touche et n’en sortait pas, seuls deux joueurs sont donc fidèles au rendez-vous. Les explications sont multiples : partants (Abdennour, Aurier, Chantôme), blacklistés (Ahamada), blessés (Spajic, Didot) ou délaissés en faveur de leurs successeurs (Ninkov, Sylla, Braithwaite). Sur le papier le onze de départ ne provoquait guère de polémique. Pas même la présence de Pesic, pourtant supposé 3e homme de l’attaque à présent que Braithwaite est revenu de blessure. Le matin même de la rencontre, le journal l’Équipe rendait grâce aux qualités de l’international espoirs serbe, loin de le cantonner à sa maladresse apparente. Une petite victoire personnelle puisque cet article énonce à l’identique les vertus repérées par ma pomme au sujet de la recrue toulousaine.


Preuve que Saint-Étienne est un club régulier…


Le temps d’inonder les réseaux sociaux de cette analyse saisissante du célèbre quotidien sportif, il est déjà l’air de prendre place sur le canapé pour le coup d’envoi. Il s’agit du premier déplacement des violets que je suivrai dans des conditions optimums, un plat sur le feu histoire de mieux apprécier cet horaire brunch du dimanche. C’est un TFC rugueux qui résiste aux vagues stéphanoises en début de rencontre. Aucun arrêt d’anthologie de Boucher ne fut nécessaire pour tenir le 0-0 durant vingt minutes, tant les Verts se sont montrés maladroits. Chef de file de cette inefficacité, Max Gradel n’a pas réussi sa transition de milieu défensif en attaquant de circonstance. Son talent et son abattage n’est pas en cause, seule la finition lui a manqué. On pourrait pousser l’analyse jusqu’à lui attribuer le prix de Pesic du jour : frappes contrées, positions de hors-jeu, tâtonnements aux abords de la surface, centres approximatifs, Gradel était partout dans le premier quart d’heure. Et dire que la première occasion dangereuse vint finalement du TFC ! À l’origine un numéro de Ben Yedder, qui transmet à Doumbia pour une frappe trop croisée (12′). Dans la foulée, l’improbable Van Wolfswinkel est devancé par une sortie de la tête de Boucher (13′). Le public du Chaudron n’aurait guère autre chose pour se réchauffer de la part de ses favoris. Tirs hors cadre de Lemoine (18′) et Corgnet (20′) continuent de ponctuer une domination stérile, pendant que les contres visiteurs s’affinent.


TFC ASSE-TFC 05-10-2014 01

 

Et puis la parfaite action collective pointe à l’horizon : Akpa-Akpro impulse une accélération, sert Aguilar dans l’axe, le capitaine colombien trouve Pesic dont la déviation instantanée envoie Ben Yedder sur la route du paradis. Le petit crochet qui va bien et le petit prodige confirme son rush (22′). Quatre buts dans les quatre dernières journées pour WBY, six au total et seulement le sas d’attente de l’équipe de France Espoirs pour le moment.


La mainmise du jeu s’inverse d’autant moins suite à cette ouverture du score. Avec et toujours Gradel dans le rôle de meneur de la révolte. Loin de se contenter d’expédier des tirs hors champ, l’Ivoirien est à la baguette sur les nombreux coups francs obtenus, le danger se rapproche de plus en plus. La barre transversale tremble (32′) sur une incursion de Monnet-Paquet, reprise au premier poteau par Corgnet. Cette action succède à la sortie prématurée de Tisserand, touché aux ischio-jambiers, remplacé par Ninkov. Les violets ne sont pas seulement vernis, ils transcendent l’art de résister à un état de siège, comme en témoigne les interventions convaincantes de Moubandjé, l’un des points forts inattendus des dernières rencontres.


Le premier corner en faveur du Téf’ intervient à la 44e minute, un indicateur comme un autre de l’absence de velléités offensives des hommes de Casanova. Bien servi, Trejo frappe largement au-dessus…Autant ne pas avoir de corner à ce tarif-là. Retour aux vestiaires avec le sentiment du parfait hold-up accompli.


…zéro but jeudi, idem dimanche, qui dit mieux ?


Les carottes sont cuites. Je les assaisonne de persil, les mélange à des spaghettis et des poissons panés de marque suspecte. La garantie d’un appétit comblé en deuxième mi-temps, car ce ne sera pas le jeu proposé qui s’en chargera. Le schéma reprend à l’identique, Gradel et ses équipiers poussent de manière assez maladroite, seul un malentendu serait susceptible de leur venir en aide. Par exemple un CSC en bonne et due forme. Akpa-Akpro passe près d’exaucer ce vœu sur un centre flottant (48′). Côté visiteurs, Ben Yedder réalise de longues courses pour perforer le rideau stéphanois, mais manque de lucidité pour conclure ses assauts (55′) ou va trop vite pour ses équipiers (57′ avec Doumbia, 66′ avec Trejo). Alain Casanova ménagera l’énergie du feu follet en intégrant rapidement Martin Braithwaite (69′).


FOOTBALL : Saint Etienne vs Toulouse - Ligue 1 - 05/10/2014

 

Les verts combinent bien mieux depuis l’entrée du présumé génial Saint-Maximin à la place du transparent Van Wolfswinkel (58′). Sans tirs cadrés, point de salut, alors pourquoi ne pas rechercher le pénalty : on réclame la sentence suite à une faute peu évidente (61′), Gradel s’écroule en vain (75′) tandis que Lemoine trouve la main involontaire de Grigore (76′). L’expérimenté Monsieur Kalt ne tombe pas dans l’entourloupe. À force de s’impatienter, les locaux déjouent un peu plus encore, leurs 20 tirs (pour seulement 2 cadrés) et leurs 10 corners sont autant de bouteilles jetées à la mer. En face, on tente bien d’obtenir le KO, mais Pesic manque de réactivité sur deux rares contre-attaques (85′, 87′). Le sens du sacrifice de Grigore et Aguilar fait plaisir à voir dans les ultimes instants. L’affaire est dans le sac, qu’importe sa fadeur. D’ailleurs, l’absence d’après-match avec les compères de Radio Mon Pais/Fou De Foot contribue à un climat de pesanteur dans l’appartement. Encore deux heures à meubler avant que le sommet de série A Juventus/Roma me redonne une soif de ballon rond.


Mine de rien, le Tèf réalise une performance retentissante, puisque Sainté n’avait plus perdu à domicile depuis seize rencontres en Ligue 1, soit la plus longue série en cours parmi les clubs de l’élite.

 


Voici un petit récapitulatif de la rencontre en images

 

Voilà comment une équipe en pleine confiance (la moitié de ses points acquis dans les trois derniers matchs) va se rendre au Vélodrome le 19 octobre pour empêcher l’OM de réaliser « le grand huit ». Le terrain phocéen s’avère largement propice à la surprise depuis 2007 : Deux victoires toulousaines, quatre nuls et un seul succès des locaux en Ligue 1, auquel il convient d’ajouter la qualification en coupe de la ligue la saison dernière (2-1). Ce sera à nouveau un dimanche, à la même heure et donnera peut-être l’occasion de réunir la team Fou de Foot à St Honest Street. Pour mesurer si cette saison enfin le TFC sera le poil à gratter du championnat, empêchant le leader d’asseoir un peu plus son emprise au sommet de l’Olympe.

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 22:43

par Émilien BartoliP1180729

 

Le stadium, citadelle imprenable ? On va finir par y croire. La venue du Paris SG, même diminué, constituait le test ultime en la matière. Les violets y ont répondu avec une emprise sur le jeu encore jamais démontrée cette saison. Tant et si bien qu’il y en avait beaucoup pour faire la fine bouche sur le résultat nul.


TFC-PSG02

 

En avant pour la fête foraine ! Le président Sadran et ses ouailles nous l’ont suffisamment promis : le Stadium sera aussi (surtout?) un lieu de fête cette saison encore. Une politique familiale matérialisée en cette fin de samedi après-midi par le déploiement d’auto-tamponneuses, jeux de tirs et manèges sur le parvis. De biens belles intentions qui étaient rentabilisées par la flambée des tarifs pour cette rencontre de gala, de 9 euros en virage Est contre Caen la place était plus que quadruplée. Sans que cela heurte visiblement les sensibilités financières puisque l’objectif remplissage fut atteint, à quelques nuances près.


TFC-PSG03 

 

Le public pop-corn et ses exigences


La sensation d’un abonné dans pareil contexte est ambivalente : d’un côté on se félicite d’être parmi les élus déboursant moins de 8 euros par match en moyenne, d’un autre on a l’impression d’être dépouillé de son lieu de prédilection le temps d’un soir par un public occasionnel. Des réflexions incongrues entendues dans les gradins à la présence massive de locaux soutenant le club visiteur, on se demande où est passé notre havre de paix, sa résonance creuse à dix minutes du coup d’envoi, son calme si plat en cours de match que l’on puisse discerner les cours tactiques de Dédé La Science trois rangs plus haut. Il faudra s’y faire : ce soir l’avis de la mère de la famille ne connaissant guère que Ben Yedder dans l’effectif croisera celui de la copine surjouant la méconnaissance du football auprès de son copain pro-PSG. Je me délecte justement des réflexions cocasses d’un couple de quadras et leur fils au moment de prendre place sur les hauteurs du virage. La mère s’offusque des strapontins « Euro 2016 », fustige à raison le resserrement qu’ils ont induit entre les travées, rendant impossible les enjambements et joyeux sauts d’antan entre les sièges violets : « Eh ben ce n’est pas une réussite ça non plus. De toute façon ce stade, il valait mieux le raser et tout recommencer de zéro. » Derniers soubresauts de la campagne municipale ? Que nenni, la politique ne s’immiscera pas dans dans les lieux. L’émotion est elle palpable, quand sur l’initiative des Indians retentit le chant du souvenir à l’égard de Brice Taton, assassiné il y a cinq ans , presque jour pour jour, alors qu’il s’était rendu à Belgrade pour soutenir les violets en Ligue Europa. Des tifos noirs et blancs, répartis sur toute la tribune, sont brandis par le public sur fond du message invitant à ne jamais oublier.


TFC-PSG10

 

Un autre que l’on oubliera jamais c’est Serge Aurier, désormais dans le camp d’en face. Au moment de l’annonce des compositions des équipes, il est accueilli par une standing ovation supérieure à certains noms de joueurs téfécistes, à commencer par le gardien Boucher. Le speaker s’y prendra à deux fois pour obtenir une réaction unanime des spectateurs. Les équipes alignées, venons-y. Côté TFC, la stabilité du trio défensif est à présent avéré (Veskovac-Grigore-Moubandjé), au milieu de terrain le forfait de Didot, touché le mardi précédent à Rennes, pousse à titulariser d’emblée Doumbia. Le seul autre changement par rapport à l’équipe victorieuse Route de Lorient est la présence de Ninkov milieu droit au lieu de Tisserand. La confiance est renouvelée envers Regattin, Aguilar et Akpa-Akpro. Idem en attaque avec le duo Ben Yedder-Pesic, plus vraiment un choix par défaut puisque Braithwaite (sur le banc) a recouvré ses moyens. Côté PSG, les absences de marque ne se limitent pas au forfait d’Ibrahimovic. Thiago Silva manque toujours cruellement dans l’axe défensif, tandis que Laurent Blanc a ménagé Thiago Motta, Marquinhos, Van Der Wiel ou Lucas en vue de la réception du Barça le mardi suivant en Champions League. L’équipe de la capitale garde fière allure avec ses neuf internationaux au coup d’envoi. Le jeune Bahebeck, aligné aux côtés de Cavani en attaque, est la petite touche fraicheur du jour.

 


Une demi-heure en mode total régal


Les débats démarrent avec un pressing haut des locaux. Sans round d’observation, Ben Yedder sert Pesic dont la frappe spontanée manque de clairvoyance (2′). C’est au tour du futur attaquant des bleus (on en prend le pari) de s’illustrer d’une tête décroisée sur un centre de Regattin mais Sirigu veille (4′). La défense parisienne cafouille de plus belle, Pesic oppresse David Luiz et tente un tir en angle fermé, pour l’instant seul le petit filet tremble (6′). La domination est aussi suffocante que la chaleur. Elle se concrétise lorsqu’une mise en retrait hasardeuse d’Aurier envoie le renard des surfaces Ben Yedder crocheter Sirigu et marquer dans le but vide (8′). Même empêtré du maillot bleu, l’international ivoirien en oublie pas les vieilles habitudes. Paris a la tête sous l’eau et les locaux sont bien déterminés à provoquer la noyade : tir puissant de Ben Yedder détourné en corner, volée dangereuse de Regattin sur ce même corner, passe à dix dans un petit espace conclu par une frappe fusante de Ninkov, repoussée par Sirigu…sur Pesic qui ne trouve pas le cadre. Le tout entre la 17e et la 21e minute. Il ne manque plus que les piquets et la tente.


TFC-PSG16

 

Hélas, la pause exceptionnelle pour se désaltérer va casser la dynamique. Blanc distille ses consignes, Paris durcit le jeu tandis que Pesic est toujours aussi peu en réussite en s’empalant sur Sirigu après une percée de Doumbia (32′). Tant de naïveté se devait d’être sanctionné par un coup de vice. Sur un coup franc rapidement joué (sans arrêter le ballon comme le veut la règle), Verratti et Bahebeck prennent de court tout le monde. Le jeune dont tous raillaient la présence s’en va crucifier un Boucher toujours aussi perméable dans ses sorties (33′).


La suite de la mi-temps témoigne d’une grosse fébrilité défensive dans les deux camps, les tentatives se multiplient sans provoquer de frisson.


Qui dit horaire inhabituel dit after de circonstance


Voici l’heure du Challenge Orange Football. Ce jeu pervers où un joueur de champ part du rond central à la rencontre du gardien adverse. Qui des minots de Castelnaudary ou de Verfeuil comptera une passoire dans ses rangs ? À ma stupeur personne. Les deux portiers s’illustrent de fort belle façon, une habileté expliquant en grande partie le score final de 2-1 quand cet exercice récréatif aboutit le plus souvent à des 9-3 ou 8-4.


À la reprise, les cartons pleuvent davantage que les occasions.Verratti pour une intervention antijeu ostentatoire (48′), Cabaye pour un tacle tardif (51′), en revanche Matuidi y échappe pour sa semelle involontaire sur la cheville de Regattin (58′). Le plus petit gabarit de l’effectif Casanovien n’y résiste pas et doit céder sa place à Trejo quelques minutes plus tard. Dans le même temps Ninkov rend son tablier pour introduire Tisserand en piste. La dernière opportunité offensive viendra de nouveau de Pesic, idéalement lancé il fait preuve d’excés de collectivisme en cherchant à remettre sur Ben Yedder (70′). L’addition est décidément lourde pour l’international espoirs de la Serbie, son remplacement par Braithwaite clôt la litanie de regrets (80′). Entre-temps, Blanc y est allé de trois changements simultanés : Lucas, Motta et un Chantôme très acclamé entrent sur le terrain (« Ben oui lui Paris l’avait prêté à Toulouse l’an dernier c’est pour ça » glisse le fana du PSG à l’oreille de sa copine). Cette 2e mi-temps s’avère houleuse, ce qui persiste avec la charge bourrine de l’attaquant danois des violets sitôt en jeu. Un Braithwaite dont on ne retrouve guère la vista durant ces dix dernières minutes, l’obstruction de David Luiz à son encontre compliquant la tâche (86′). Les coups de pied arrêtés se succèdent en vain, ce résultat consensuel satisfera tout le monde.


Comme de coutume, voici la synthèse-vidéo officielle de la LFP.
 


 

Un résultat dont se satisfait Tout le monde ? Non. Les commentateurs de Radio Mon Pais démontrent une virulence sans précédent à l’égard d’Alexander Pesic. Je me vois obligé d’endosser de nouveau le rôle de l’avocat du diable (du cave diront les moins conciliants). Pour ce faire, un règlement de comptes à OK Honest s’impose. La fin de match à la tombée de la nuit m’incite en effet à convier en mes appartements les voix radiophoniques ainsi que l’incontournable The Kick. Le debriefing s’annonce rageur et passionné. Ni les sandwichs de Ronald Le Jaune, ni les matchs bas de gamme de Ligue 1 du samedi soir ne calmeront les ardeurs. Je me mets à la recherche désespérée de vidéos prouvant les accomplissements studieux de Mr Pesic du côté du Sheriff Tiraspol. Mais si vous savez, ce prestigieux club moldave qui joue couramment la Ligue Europa. Hélas, même YouTube sèche sur le sujet. Ses statistiques seraient-elles une création wikipédieque pure ? Denis P. inonde l’assistance de comparaisons fallacieuses entre le moindre fait d’actualité et l’attaquant maladroit, Jack se frotte déjà les mains à l’idée du compte-rendu de l’Équipe le lendemain, Kick oublie ne plus être chez lui et espère visionner Jour de Foot.


TFC-PSG 27-09-2014 dvd jeu Thierry GilardiTFC-PSG 27-09-2014 dvd jeu Voix RMC

L’après-match (et avant-Ruquier) réconciliera les troupes. Je me souviens soudain avoir pêché dans un tout à 1 euro un dvd interactif avec des questions footballistiques concoctées par les voix de RMC. Devant le faible dynamisme de l’animation et le peu de difficultés des demandes formulées, j’avise d’enchainer avec le quizz plus incisif sorti pendant l’âge d’or de Don Thierry Gilardi. La voix rocailleuse du regretté « meilleur d’entre nous » nous entraîne de la D1/Ligue 1 fin des 80’s à la première moitié des années 2000. Nous nous délectons de ces images d’archives glorieuses, jusqu’au bug concernant le but historique de Grégory Wimbée avec Nancy en 1996. Les propositions de réponse indiquent tout sauf la bonne année. Un bon moment néanmoins. Jouera-t-on avec le même plaisir dans dix ans en revoyant les exploits d’Ibra, Ben Yedder…et Pesic ?


Las, je rêve que le bonhomme ajoute rapidement des unités à son compteur, sous peine de devoir compiler sous tous les angles son seul but à Rennes.


Sans rapport, encore que, Bernard Kouchner tombe dans la politique spectacle en tendant haut son majeur devant Aymeric Caron. Laurent Baffie détend l’atmosphère avec ses questions spatiales. Qu’importe, nous n’avons rien écouté, préférant ressasser le dessous de caniveaux de cette société excrémentielle, le replay sera de nouveau obligatoire. Tiens Eric Zemmour sera placé sur le grill de son ancien royaume la semaine prochaine, cela promet ! Il est 2 heures et demi bien sonnées lorsque nous nous séparons. The Kick tente bien de me chourer un ou deux dvd dans la dernière ligne droite, Jack répète une dizaine de fois « Ah oui quand même il est tard. », Denis nous agrémente de témoignages inédits, sans même une boutade entre les lignes ! Signe que oui il se fait tard. Chacun à sa place, et tous pour le TFC, lui-même ré-indexé à sa très chère 10e place à l’issue de la huitième journée du championnat. Il est des conventions qui résistent aux loupés d’Alexander Pesic.

 


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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 22:32

par Émilien Bartoli

 

P1180731Au cœur d’un samedi soir tout ce qu’il y a de plus estival, une équipe en peine pour inscrire des buts en recevait une en encaissant peu. La rencontre a été placée sous le signe du paradoxe, aussi inquiétante que plaisante à suivre. Depuis, les violets ont signé un succès surprise à Rennes. Sans qu’on ne puisse tirer la moindre conclusion sur la valeur du club.


Typiquement le genre de rencontres que l’on aurait suivi de son canapé avec force noix de cajou si l’on n’était pas en possession d’une carte d’abonné. Le public n’accourait guère à quelques minutes du coup d’envoi. Ainsi fus-je rejoint par la paire Jean/Babou sur le gong tandis que The Kick lui-même (voir les épisodes précédents) loupait inexplicablement le coup d’envoi.


Sur le papier le nul paraissait limpide, un 0-0 cela va s’en dire. Alors quand l’écran géant du stadium affichait 3-3 au coup de sifflet final, les spectateurs préféraient retenir l’enthousiasme de ses joueurs, trois fois menés au score et trois fois capables de trouver les ressources pour recoller.


Thiriez en prend pour son grade


La ferveur n’était pas que sur le terrain, elle avait envahi les gradins du virage est. Après une introduction-hommage du speaker au sujet de l’équipe TFC cécité (« Nous ne manquerons pas de regarder leur parcours cette saison » affirma-t-il sans se rendre compte que la réciproque n’était pas possible), ce sont une accumulation de micro-banderoles qui accompagnèrent l’entrée des joueurs sur la pelouse. Dans un contexte où la ligue, pour minorer le camouflet Luzenac, n’a rien trouvé de mieux que d’interdire les messages de soutien au club ariégeois, la réponse fut cinglante. À croire que la technique de découpage en plusieurs papiers n’a pas encore été repéré par les stadiers. Heureusement pour les yeux, effet garanti. Les soutiens à Luzenac dépassent d’ailleurs allègrement la région Midi-Pyrénées puisque d’autres banderoles de ce type ont été aperçues ces dernières semaines à Montpellier, Lens…ou Caen. Parlons-en de ce visiteur, promu aux dents longues dont la solidité défensive a déjà fait ses preuves. Seulement trois buts encaissés (pour trois défaites 1-0), tous à l’issue de coups de pied arrêtés. Notons aussi le fait qu’il ait pris tous ses points à l’extérieur, ce qui s’explique largement par un calendrier de début de saison démentiel à domicile (Lille et Rennes avant cette rencontre, Paris SG et Marseille à venir) auquel il faut ajouter la délocalisation au MMA Arena de Le Mans. Autant dire qu’un déplacement au Stadium n’était pas pour lui faire peur.



Pas sûr que Gary Lineker aurait cru voir un jour sa petite phrase sur l’Allemagne rapportée à un club ariégeois.


Le téfécé alignait l’équipe suivante : Boucher/Veskovac-Grigore-Moubandjé/Ninkov-Didot-Aguilar-Doumbia-Sylla/Ben Yedder-Pesic. Les blessures encore vives de Braithwaite, Spajic et Matheus, la méforme d’Akpa-Akpro, tout conduisait à cette composition de départ. La surprise vint en revanche du banc de touche, incluant les jeunes Maxime Spano et Yousef Ben Ali. En face l’alliance de vieux briscards de L1 (Vercoutre, Calvé, Féret) et de cadres de la saison passée (Appiah, N.Kanté, Duhamel) constituait une opposition sérieuse.


Lorsque la première incursion des violets déboucha sur un tir hors cadre de Pesic (1′), on comprit que cette partie serait moins fermée et hachée que la réception d’Evian TG. L’attaquant serbe dévia peu après de la tête pour Ben Yedder (3′), dont la frappe en déséquilibre vit le cadre se dérober. Même sort pour Sylla suite à un corner (5′). Quelle belle prise à la gorge pour affirmer son territoire ! Le verrou n’allait pas tarder à sauter ce n’était qu’une question de temps. Et pourtant l’effet inverse se produisit : des Caennais opportunistes profitaient d’un centre mal repoussé par Boucher pour se rapprocher enfin des cages violettes. Légèrement excentré sur l’aile droite, Raspentino y alla d’un tir en pivot pour lober le portier et son arrière-garde extatique (7′). Le jeu se durcit quelque peu entre des toulousains agacés et des normands rugueux, tel Pierre envers Ben Yedder (11′), nettement retenu par le maillot sans que l’arbitre juge bon de conclure au pénalty. Mieux, il assène un jaune à Pesic pour ses protestations répétées. L’international espoirs de Serbie manque d’obtenir justice avec une tête frôlant la barre transversale de Vercoutre (14′).


Le quart d’heure de jeu est dépassé et un chiffre affole : 62 % de possession pour le TFC, sorte de barça du pauvre face à un Real de fortune. Cette domination ne devra la fin de sa stérilité qu’à un pénalty transformé par Ben Yedder (21′), sanction légitime pour une sortie « Schumacherienne » de Vercoutre sur Doumbia. Dans la foulée, Pesic profite d’un travail d’infiltration de Didot pour tenter de donner l’avantage aux siens avec un tir croisé (23′). La suite de la première mi-temps est plus atone, si ce n’est un poteau trouvé par Ben Yedder sur un service de Pesic (39′). Décidément l’entente s’affine entre les deux avants-centres, ne manque plus que le réalisme. La meilleure action de la dernière minute sera le redoublement de chants à l’encontre de Frédéric Thiriez, imprégnés de mots grivois peu recommandables.

 


Un gamin humilié à chaque mi-temps, plus qu’une tradition


Ainsi s’achève une première période agréable à suivre, mais mitigée dans son rendu. Pas de quoi interrompre sa partie de Candy Crush, surtout quand on est censée comme Babou pouvoir réaliser deux choses en même temps. Mine de rien, elle prend ses aises avec le Stadium et délivre des analyses avisées concernant les failles toulousaines. Le meilleur moment de la soirée est d’ailleurs à venir avec le challenge des équipes de jeunes servant à meubler la mi-temps. Encore une fois le duel apparaît déséquilibré puisqu’un des deux clubs doit composer avec un joueur « bouche-trou » pour aller dans les cages. Comble de malchance, ou malveillance, le « petit gardien » (dixit le speaker) est exposé doublement par son positionnement du côté du virage est, plutôt que de celui fermé pour travaux. L’ironie des encouragements (rigolards) en sa direction achève de renforcer son calvaire. Ce petit challenge malicieux n’en est pas à son coup d’essai, cela s’apparente même à une règle non écrite à ce niveau de récidive. À quand la fin de ce jeu sadique pendant la pause ? Un scandale de plus à dénoncer pour les prochaines banderoles ?


La reprise est poussive, seul un nouveau fracas de bois nous sort de la torpeur, par l’entremise d’une frappe à ras de terre de Didot (59′). Le bruit du poteau résonne jusqu’au fin fond de l’île du Ramier puis le ballon percute Vercoutre… sans conséquence. Dommage, tout pointait vers un but contre son camp d’école (Mickaël Landreau si tu nous lis, ton record est bien au chaud). Aucun tir caennais en deuxième mi-temps avant l’entrée de Nangis en lieu et place de Raspentino (63′). Il n’en faut pas plus pour bousculer le train-train du match. Deux minutes plus tard, le remplaçant se signale par un tir légèrement trop croisé. Puis il n’aura de cesse de booster les contres visiteurs aux côtés de Koïta, nouvel entrant très incisif lui aussi. Mais Patrice Garande n’a pas le monopole des remplacements de bon sens, Casanova relance également la mécanique violette avec les entrées de Trejo (69′) et Regattin (75′) pour ménager Didot et Ben Yedder, auteurs tous deux d’une grosse partie.

 

Dernier quart d’heure homérique


Les réglages tactico-techniques prennent hélas du temps, Caen profite de ce flottement généralisé pour filer entre les plots via Nangis (76′) qui fusille Boucher de près. À dix minutes de la fin, Akpa-Akpro suppléé Doumbia et les systèmes de jeu des deux équipes se disloquent de plus belle. Tant mieux pour le spectacle. Le salut viendra du jusqu’ici discret Ninkov. Sur un débordement chaotique, il rentabilise au mieux une faute d’Appiah, commise bien longtemps avant la surface. L’arbitre mord à l’hameçon et siffle un rarissime 2e pénalty dans le même match pour les violets. Le spécialiste de la discipline sorti, et Zebina n’étant plus dans les parages pour regarder son nombril, la tâche échoit à Regattin. L’enfant du pays choisit la transformation placée en force (83′). S’emparant du ballon pour vite se replacer, le chouchou des locaux harangue le public à pousser son équipe vers la victoire. Hélas, un nouveau coup de bambou atteint les violets et les condamne à perpétuer ce schéma de course-poursuite. Le coup franc à 25 mètres tiré par Jean Calvé n’est pas particulièrement puissant ou imprévisible, il est simplement enroulé comme il faut au-dessus d’un mur et un Boucher aux fraises (86′). Tout juste le temps de se racler la gorge avec des incantations au retour d’Ali Ahamada dans les caisses qu’une attaque rapide aboutit à une ultime égalisation. Ninkov se retrouve inexplicablement en position d’avant-centre, et de manière toute aussi mystérieuse le ballon effleure son mollet, de sorte que son petit piqué contourne la sortie de Vercoutre (87′). Le public s’enthousiasme devant ce scénario insoupçonnable et en oublie son esprit critique. Mon collègue Jean le premier, fier de son investissement du soir, tandis que Babou, plus passionnée que jamais, fait démarrer le chrono du temps additionnel sur son téléphone. Je la tance un tantinet sur cette soudaine ferveur pour la rencontre, elle me réplique être certaine d’avoir vu les six buts de manière plus concise que moi. À femme intouchable ne point t’attaquer tu devras.


Bilan strictement sportif de la rencontre côté TFC : 22 tirs pour seulement 6 cadrés, un travail de précision s’impose pour ne plus connaître un match aussi effroyable. En voici la synthèse-vidéo officielle de la LFP.

 

 

 Voici un petit récapitulatif de la rencontre en images

 

Pesic touché, Pesic raillé, mais Pesic acquitté


Au coup de sifflet final, je descendais les travées de trois rangs pour retrouver un Kick ébahi devant ce finish hitchcockien tendance Les Oiseaux plutôt que La Corde. L’après-match s’éternise sur le parvis, la multitude de caennais récoltant des autographes peut rendre jaloux les supporteurs toulousains qui voient leurs favoris prendre des sorties dérobées. Au moment de retrouver Denis P. et Jack J. je comprends que ma tâche d’avocat de la défense de l’accusé Alexander Pesic sera délicate. Suis-je donc le seul à avoir perçu la combativité, et même, oserais-je l’écrire, le sens du jeu de l’attaquant serbe ? Les comparaisons à Tony Vairelles pour son côté porteur de charbon et à John Carew pour sa capacité à lessiver une arrière-garde seraient donc incongrues ? Si l’on en croit les analyses de Coach Casanova, la titularisation de l’ancien du Sheriff Tiraspol pourrait se poursuivre indépendamment du rétablissement de Martin Braithwaite. Je tiens d’ailleurs ce pari à la face de mes sceptiques accompagnants.


Heureusement vient l’heure du drive chez tonton Ronny le jaune. Et à ce petit jeu c’est Denis qui met tout le monde d’accord avec son intonation lugubre pour signifier son attrait pour le « Chicken Mythic Bacon ». À ce niveau de conviction, ce n’est plus une commande c’est une injonction. Le temps de s’interroger sur la pertinence de la présence d’une baignoire dans le hall, nous pénétrons l’appartement du Kick pour suivre un Jour de Foot raboté avec ses seuls quatre matchs du soir au programme. Il y aura bien plus de vivacité par la suite avec le duel entre Aymeric Caron et François Asselineau à ONPC. À part cela, Léa Salamé sera bel et bien la femme de ma vie de la saison 2014/2015 c’est confirmé.


TFC-Caen 20-09-2014 Léa Salamé

Le violet lui va si bien.


À trois points de l’Europe…à trois points de la relégation


Quid de la virée rennaise programmée un mardi en prime time sur Canal + ? Réputé pour flancher lorsqu’il est diffusé par le bastion historique du championnat de France, le TFC a contredit l’histoire en reprenant son habit de nomade aisé. Trois buts dans l’escarcelle, et autant de points récoltés cette fois-ci. L’ouverture du score de Pesic sur une passe, certes inspirée mais loin d’être un caviar, de Regattin est un signe de réjouissance de plus.


Statistique intéressante : Pesic était avant ce premier but le joueur de ligue 1 comptant le plus de frappes (17) sans avoir marquer. On peut ironiser volontiers sur cette donnée, pouvant traduire de la maladresse, mais si on la rapporte à son temps de jeu (un peu moins de quatre matchs en cumulé) elle signifie aussi qu’il ose provoquer des éventuelles occasions sans attendre d’être servi dans les meilleures conditions. Comparativement, Martin Braithwaite (avec presque le même temps de jeu) frappe au but deux fois moins (8), cadre certes bien plus (6), mais ne compte lui aussi qu’une réalisation cette saison. Quant à Regattin, son volume de jeu sidère et trouve enfin de la consistance : 80 ballons touchés soit le toulousain le plus en possession du cuir, 91 % de passes réussis (dont deux décisives) soit le joueur sur le plus précis sur le terrain. Si les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, on a bien envie de croire le milieu de terrain lorsqu’il disait que cette année serait la bonne pour lui.


 

Pour voir le TFC inscrire trois buts dans deux matchs consécutifs, il fallait remonter…à la saison dernière, 28e et 29e journées (deux victoires 3-2 face à Reims et Rennes). Finalement c’est davantage la « clean sheet » qui retiendra notre attention, surtout face à un club rennais jusqu’ici à la hauteur de ses ambitions au Stade de la Route de Lorient. Le Paris SG s’amène au Stadium ce samedi, à un horaire de 17h qu’il affectionne tout particulièrement. En cas d’exploit, le TFC se retrouverait à égalité de points avec le club de la capitale, actuel 4e au classement. C’est tout l’avantage d’un début de saison qu’aucune équipe n’a su écrasé : avec un total peu flatteur de dix points en sept rencontres on reste à portée de fusil du premier européen tout en devant se méfier du premier relégable. Et si le terme de crise est impropre au jargon du club haut-garonnais, il serait avisé de profiter du doute planant sur le PSG pour en imposer une à autrui.

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 21:56

par Émilien Bartoli

 

 

P1180718Statistiquement la situation des violets est limpide après quatre journées : zéro point sur six possibles à l’extérieur, le carton plein à domicile. Ce qui donne une place en début de deuxième moitié de tableau pas encore conforme à la réputation de leader du ventre mou qui colle à la peau du TFC. Avec un mois de septembre se concluant sur la venue du PSG, il ne faudra pas compter très longtemps sur le mirage d’une équipe supposée intraitable au Stadium.

 

De mémoire de rédacteur, jamais le très éclectique quatuor du site Fou de Foot ne s’était réuni aussi promptement avant une virée du côté de l’Allée Gabriel Biénès. Rendez-vous du pot du bonheur avait été fixé dans un fameux English pub du secteur St Cyprien, genre d’endroit vous garantissant de sortir soignés de tous vos maux. À l’inverse du Stade Louis II, auquel nous renvoient les images du match de 17h, malaise palpable autour de cet AS Monaco promise à piocher dans les fonds de tiroirs pour aligner une équipe. Je manque de gerber mon vin blanc en réaction à l’attitude putassière d’un Falcao se dandinant au bord de la pelouse avec son téléphone portable au lieu de s’échauffer. Sans doute trouvait-il plus approprié de précipiter son départ de la sorte. Pourquoi fait-il alors mine de vibrer devant le spectacle indigent proposé face à Lille ? Nous nous retenons d’ailleurs de trop stigmatiser la faiblesse de cette rencontre avancée, aucune certitude d’assister à une prestation plus enlevée de nos violets devant le club d’Annecy (et un peu Evian, Thonon et Gaillard aussi). Et surtout le club de Pascal Dupraz, champion hexagonal de la punchline.

 

Une équipe composée avec une boite à outils


Si l’on tremble autant à l’idée de croiser le dernier de la classe de Ligue 1, ce n’est pas pour rien. Le petit point récolté lors des deux confrontations précédentes figure parmi les raisons invoquées. D’autres apparaissent de manière impitoyable, à commencer par la composition du onze de départ : Boucher/Moubandje-Grigore-Yago/Sylla-Trejo-Aguilar-Regattin-Ninkov/Ben Yedder-Braithwaite. Peut-on encore parler de coaching lorsqu’au moins un joueur reste sur le carreau chaque week-end ? Sans égaler l’intouchable infirmerie de l’Olympique Lyonnais, le TFC doit composer avec les absences pour blessure de plusieurs titulaires : Spajic et Veskovac en défense, Didot, Matheus et Akpa-Akpro au milieu de terrain.

 

À noter que le dernier mentionné sera néanmoins sur la feuille de match et fera une entrée plutôt convaincante.

À une heure du coup d’envoi, la team Fou de Foot est bien loin de gamberger sur l’issue de la rencontre, elle se pavane sur le parvis, à proximité de la boutique, réalisant une séance photo destinée à entrer dans les annales. Tandis que Denis & Jack rejoignent la tribune de presse pour éclairer la lanterne des auditeurs de Radio Mon Pais, je rejoins le flambant neuf virage Est aux côtés de Christophe « The Kick ». Nous partagerons nos analyses avisés (et non avinés) avec des abonnés de longue date côté gauche, avec Jean et Babou, couple d’amis footeux à géométrie variable, côté droit. Ces deux derniers ont tôt fait de déplorer l’apathie caractéristique du premier quart d’heure. Ces adeptes de Candy Crush et 2048 comblent aisément les risques d’être anesthésiés sous l’ennui. Les Toulousains sont peu incisifs au milieu de terrain, friables et susceptibles d’être débordés sur chaque accélération évianaise. Les joueurs de Dupraz évoluent en équipe organisée, à défaut d’être créative. Le jeu du TFC se caractérise par une constante au déséquilibre sur les ailes : Ninkov est actif mais peu influent tandis que Sylla ne centrera qu’une fois de toute la rencontre. C’est Ben Yedder, sans cesse désaxé, que l’on retrouve le plus souvent dans le rôle de centreur. Il sert brillamment son compère d’attaque, le danois Braithwaite, hélas toujours empêtré dans sa période de vendanges (27’, 30’, 36’). La disette offensive est heureusement aussi une des failles de l’ETG de cette année. Sans attaquant de pointe de métier au coup d’envoi, les Savoyards s’en remettent à leur homme à tout faire, Daniel Wass. Il sera effectivement le plus dangereux lors d’un face à face avec Boucher (43’). Quatre minutes plus tôt, une sortie virile de Boucher sur Camus aurait pu être sanctionnée d’un coup de pied de réparation sans qu’on puisse crier au scandale.

 

 

Pas de syndrome Sirieix


Mais il était écrit que le hold-up n’aurait pas lieu au sens traditionnel ce soir. La partie redémarre sur les mêmes bases en seconde mi-temps. Alors que le 0-0 se profile, les circonstances de jeu et les choix tactiques vont se révéler favorables au TFC. Une première après trois premiers matchs où se sont additionnés deux buts refusés, un pénalty injustement oublié, à l’inverse un autre sifflé abusivement en leur défaveur, sans compter les remplacements de fortune pour pallier des blessures.

 

Si Braithwaite sort prématurément suite à un coup au genou (52’), son absence n’a rien de pénalisant puisqu’il a sans doute réalisé une de ses plus pâles prestations sous la tunique violette. Tout juste  entré, Pesic cadre directement son premier tir (55’). À défaut de se distinguer par sa finesse, le Serbe pèse sur l’arrière-garde des visiteurs. La rentrée d’Akpa-Akpro (68’) donnera le dernier coup de boost nécessaire. En face Evian joue la carte du KO avec le renfort simultané de Bénezet et Bruno pour arracher la victoire (72’). Pari risqué tant la défense savoyarde peine désormais à repousser proprement les assauts des locaux. Sur un coup franc peu évident aux abords de la surface, Regattin confie à Ben Yedder son bon pressentiment. Une belle « feuille morte » enroulée plus tard, voilà la situation débloquée (78’).

 

Le sentiment partagé dans les tribunes est unanime : « on s’en sort bien si ça en reste là ». Beaucoup sont particulièrement réjouis de l’identité du buteur, l’enfant du pays qui trimballe sa bonne humeur de matchs en interviews. Sans cette concrétisation on aurait à nouveau parlé d’une rencontre cahoteuse à son endroit, espérons que cela lancera sa saison. Cinq minutes plus tard, l’expulsion d’Angoula pour un deuxième jaune conforte l’ascendant toulousain.

 

TFCETG 05

 

ETG semble prêt à baisser les armes, lorsque Casanova se rappelle au bon souvenir de Sirieix, promulgué sur le terrain juste avant les arrêts de jeu. Le brouhaha du virage Est témoigne d’une forte désapprobation populaire. Les images du scénario du TFC-ETG cinq mois plus tôt défilent en boucle dans les têtes. À l’issue d’un match maitrisé, le coach toulousain choisit de faire entrer Sirieix. L’organisation en pâtit, les jambes flageolent et la victoire promise se solde en 1-1. Au lieu de prétendre à une place en Europa Ligue, le TFC finira en roue libre. Ce soir le supplément chance compense de criantes insuffisances.

 

Avec près de cent ballons touchés et très peu de déchet dans la transmission (87% de passes réussies), Oscar Trejo s’avère le meilleur toulousain de la partie. Le seul à avoir répondu aux attentes conformes à son poste. Il confirme son implication essentielle depuis le début de cette saison, supérieure au bilan mitigé de sa première année violette. Les départs d’Aurier et surtout de Chantôme ont sans doute mis à jour un travail trop longtemps ombragé.

 

Voici un petit récapitulatif de la rencontre en images

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Deuxième équipe à domicile mouahaha


Six points sur six au Stadium, total maximum toutes équipes confondues, forcément…Enfin pas tout à fait. Avec une différence de buts nettement plus favorable (sept marqués, aucun encaissé), l’ogre PSG reste le véritable roi dans ce domaine. Le boom actuel ne serait-il pas un miroir aux alouettes ? Trop occupée à s’empiffrer de burgers à l’appartement du kick, la team Fou de Foot est peu acerbe sur le débriefing. Seule ma perception positive du rôle de Pesic en 9 ferrailleur provoque un tollé chez les autres observateurs. L’esprit critique est pour le reste rangé au placard. Denis lance des énigmes insolites menant à Danny Maury, ce jeune apparu/disparu sans éclats contre Bastia la saison dernière, Jack se préoccupe de la reprise du talk show hebdomadaire de Laurent Ruquier, The Kick replonge dans ses souvenirs de vieil abonné pour dégoupiller les noms de quelques « chèvres » impérissables. On se dit que la coupure internationale va redistribuer les cartes, permettre à quelques éléments d’envergure de quitter l’infirmerie. Sur le papier ce mois de septembre se présente comme un parcours ascensionnel : déplacement à Reims, actuel relégable, réception de Caen, promu vaillant, voyage à Rennes, l’ambitieux du marché des transferts, puis accueil du club de la capitale, redevenu terrifiant aussitôt Ibrahimovic aligné sur le carré vert. L’acquisition du plein de points avant la réception du PSG ne serait ni un luxe ni un objectif irréaliste. Le TFC aurait-il trouvé en Tongo Doumbia, sa recrue de bout de course, le liant manquant à son milieu de terrain ?  Et surtout à  quel point cette coupure profite aux équipes n’ayant pas encore trouvé leur rythme de croisière ?

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 12:07

Problème de communication plus net encore (là aussi en anglais) avec un Dominik Furman très froid, sans doute frustré par le peu d’opportunités qu’on lui accorde depuis huit mois. Moi qui avais vu en son arrivée un bon présage, suite à un montage vidéo flatteur, insiste lourdement pour savoir si sa décision de rester au club cette saison est définitive. Il répond mâchoire serrée que oui, je lui dis espérer le voir bientôt sur le terrain sans pouvoir le sortir de son mutisme.

 

 

 

Extinction des feux en pleine lumière


Quitte à vouloir recueillir quelques mots des joueurs, je me rapproche de la scène où l’animateur accueille Abel Aguilar puis Martin Braithwaite, les deux nous servent un français très correct, belle performance pour à peine leur 2e saison en Haute-Garonne. Je recroise Étienne « Mr Tout Le Monde » Didot et en profite pour m’enquérir de son ressenti face à l’absence d’un récupérateur au profil de Chantôme à ses côtés :


-          Franchement Chantôme ça doit te manquer cette saison ? Cela te donne du boulot en plus !

-          Ben c’est sûr que c’est un bon joueur, bon on va arriver à trouver un équilibre avec les autres aussi cette saison.

-          Mais l’entrejeu ce sera la plus grosse difficulté cette année, non ? Aurier et Chantôme en moins ça fait beaucoup. Et si en plus y’a des pelouses comme à Bastia qui aide pas à fluidifier le jeu…

-          Oui, et quand y’a un arbitre qui aident pas non plus, rajoute Didot à mon grand étonnement.


Soirée Abonnés TFC12Il s’éclipse ensuite pour rejoindre des proches. J’abandonne l’idée de chercher les Ben Yedder et autres Akpa-Akpro, particulièrement bien cachés mais bien là puisque certains ont eu leur carnet entièrement griffonné, pour mieux communier avec d’autres abonnés. Ainsi ce délire avec un malotru accoutré d’un polo du Stade Toulousain et son collègue chambreur :


-          C’est incroyable on est allé voir Braithwaite, il parle vraiment bien français.

-          Faudrait qu’il claque un peu plus cette année, il en a les moyens, affirmais-je.

-       D’ailleurs je me suis fais la même réflexion tout à l’heure. S’il claquait au même rythme qu'il s’améliore en français, il serait facile à 15/20 buts.


On embraye sur une indignation commune au moment de l’ultime tirage au sort, notamment lorsqu’il s’avère que le bénéficiaire du bon d’achat de 150 euros à la boutique a déjà garni son sachet à celle-ci le soir même :


-          Eh ben voilà un supporteur qui a déjà fait des emplettes, il y retournera avec plaisir, clame le présentateur.

-          Bouuuh il est dégoûté le mec au contraire, il a claqué ses sous alors qu’il aurait pu avoir ce qu’il veut à l’œil, lançais-je à la cantonade.


Mon nouveau coéquipier de chambrage complète :


-          Lui demain il va y repasser et tout rendre : « Non non finalement il est trop grand le tee-shirt, et puis les couleurs collent pas avec le reste de ma garde-robe ».


Soirée Abonnés TFC06Alors qu’on approche seulement les 20h, le présentateur annonce la fin imminente de la soirée. Soirée vraiment ? Certes une grande partie de l’assemblée titube déjà par excès de houblon, mais pas de quoi clore les festivités. Vingt minutes plus tard, il faudra une pression continue de la sécurité pour mettre fin à mes palabres auprès de fanatiques de la tribune Honneur Sud. Je m’aperçois que je suis un des seuls nouveaux abonnés, pas suffisamment possédé encore pour crier à la théorie du complot au sujet des erreurs d’arbitrages au détriment du Téf depuis le début de la saison. Le cas Luzenac y passe aussi, on reparle même du très résistible Boucher : « Je crois que si on faisait un sondage parmi tous les abonnés, y’aurait une grosse majorité favorable à la titularisation de Ahamada » synthétise un gentil sexagénaire, plus mesuré et argumenté dans son discours d’ensemble que le reste de la troupe. Au final, un sentiment commun surnage : la crainte que la réception prochaine d’Evian TG ne soit pas une sinécure.  

 

Pour conclure, voici un petit condensé de la soirée concocté par l’équipe du site officiel tfc.info


http://www.dailymotion.com/video/x24u1uu_la-soiree-abonnes-du-tfc_sport?start=2

 

 

Soirée Abonnés TFC20

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 15:56

par Émilien Bartoli

 

Emilien et StadiumNouvelle saison, nouvelles résolutions. Fini d’observer les performances des violets tranquillement installé dans mon canapé…Du moins quand elles se dérouleront au très peu hostile Stadium Municipal de la toute aussi peu redoutée Île du Ramier. Désormais abonné du fringant Virage Est ou « Virage Brice Taton », me voilà partie prenante de la SAOSL (Société Anonyme à Objet Sportif Limité) toulousaine. Avec ce premier succès convaincant, l’heure n’est pas encore à demander remboursement.

 

Décision raisonnée autant que raisonnable. Comptes d’apothicaire plutôt que de supporteur. Moyenne de 7 euros 80 le match de Ligue 1, possibilité de la céder à quiconque en cas d’absence, il n’y avait plus à hésiter. D’autant que cela écarte le risque que des résultats souriants et la venue de grosses Cylindrées fassent bientôt fluctuer les tarifs du simple au triple. La raison avant la passion. Pas de doute ce club est pour moi.

 

Déjà un parfum d’Euro 2016 dans l’air

 

S’il fallait un autre argument pour convaincre qu’il fait « bon vivre » au Stadium, on pourrait évoquer l’avancée des travaux en vue d’accueillir l’Euro 2016. Les petits sièges en plastiques violets ont été remplacés par de confortables chaises à dossiers rabattables, les tribunes ont été réaménagées de manière à créer une plus grande proximité avec le terrain, les différentes zones de buvettes sont mieux mises en valeur…jusqu’aux toilettes frisant la comparaison avec celles d’un restaurant luxueux. Club familial qu’ils disent, on a de plus en plus envie d’y croire.

 

Mes premières sensations de la journée ne laissaient pas augurer d’un climat propice à une exultation footballistique. Végétant en milieu d’après-midi dans un centre-ville des plus moribonds (sinon les sempiternelles rues « vaches à lait » que sont St Rome et Alsace-Lorraine), je décide de poursuivre l’étude de la grille loto-foot du week-end dans un commerce à proximité du Stadium. Une brasserie à l’ancienne, sorte d’institution qui sera encore là le jour où les dinosaures auront pris leur revanche sur le monde. Hélas, voilà t-il pas qu’elle est fermée durant ce pont du 15 août. Bref, je ne verrai pas d’images de la deuxième mi-temps du PSG-Bastia, mais au moins vais-je aller valider mes pronostics du jour. Délit de naïveté caractérisée : tous les lieux du coin affichant le logo de la FDJ ont rideaux fermés. Signe indien pour me permettre l’économie de ma mise de 4 euros ? Je renonce à cette petite confiserie pour me recentrer sur le gâteau. Ma traversée du Pont Coubertin coïncide avec l’arrivée du bus lyonnais sur le parvis. Je saisis l’occasion pour zoomer une petite photo opportune. Le fichier s’avèrera intransférable sur PC, faute sans doute à l’intervention d’un agent de sécurité soucieux de jouer les gros bras devant ses collègues :

 

-         Vous ne pouvez pas rester là monsieur !

-         Non mais je ne reste pas !

 

Inutile de préciser que le mec ne voit que moi à rappeler à « l’ordre », dix centimètres plus bas, il y a des familles entières penchées sur le pont pour zieuter les arrivants, idem dix centimètres plus haut. À croire que j’avais occupé l’unique emplacement alloué au dispositif de sécurité.

 

Le zèle réservé aux gens ponctuels

 

18h45, Il y a déjà une belle affluence dans l’entrée principale, comprenant les guichets. C’est bien connu, aller voir le TFC se décide en dernière minute pour la plupart, c’est un peu comme Capitaine Flam, quand il ne reste plus aucun espoir d’occuper son début de soirée… J’ai d’ailleurs peu d’appétence pour le réveil tardif d’un Toulouso-lyonnais, couvrant d’un seul coup mon répondeur de messages vocaux alors que je l’ai aiguillé sur le match depuis le début de la semaine. Il faudrait le prendre par la main avec ça !

 

Je rejoins l’entrée réservée aux abonnés, voit le petit « 1 » (pour premier match de la saison) de ma carte perforé avant une séquence de fouilles toujours aussi minimaliste. Rien à cacher heureusement. Je remarquerai une fois de plus, la dichotomie propre à cette enceinte niveau sécurité : deux premiers rideaux composés d’un personnel courtois aux abords des travées et une présence davantage antipathique au sein des gradins eux-mêmes. Ainsi, aussitôt les escaliers grimpés, des gros bras vous tombent dessus avec un zèle inégalé sous prétexte de vous diriger vers votre place attitrée. Jusqu’ici tout irait bien, si ce n’est qu’ils ne sont pas physionomistes pour un sou et que si d’aventure vous voulez descendre pour accéder aux toilettes, vous devez leur en référer. Nouvelle présentation de votre place au moment de remonter, et ne croyez pas que le statut d’abonné vous autorise à répondre que vous savez où aller. Ces règles ne s’appliquent évidemment qu’aux couillons comme moi venant profiter de l’échauffement, étant entendu que les stadiers doivent combler leur ennui durant ce laps de temps. L’échauffourée des retardataires au moment du coup d’envoi ne provoque elle aucune intervention ni régulation pour les emplacements. Avec un taux de remplissage dépassant tout juste les 50% de la capacité du Stadium (réduite à 20 000 au lieu de 35 000 personnes pendant la durée des travaux), on ne peut pas dire que la candeur estivale a rameuté les troupes. Beaucoup de vacanciers, pas mal de jeunes en tenue sportswear, les maillots estampillés locaux (et floqués) sont l’apanage de gamins, papys ou puristes. Parmi ces derniers des nostalgiques de Cetto et Capoue nous renvoient des bons souvenirs en mémoire.

 

Ironie de l’histoire suite, la tribune Sud, latérale donc censée être davantage côtée, doit encore composer avec les vieux sièges. Rare moment de revanche du prolo sur le nanti.

 

 J’affectionne déjà mon rang 46, idéalement perché à trois crans des plus hauts sommets. Je suppose alors que le jeu m’apparaitra de manière limpide, à défaut de discerner clairement les larges tifos et banderoles déployés par le kop des Indians : « Virage Brice Taton, Ici Respire La Passion » annonce l’un d’eux. Après la mise en route poussive à Nice le week-end précédent (défaite 2-3), on a envie de croire à une entrée en matière triomphale à domicile.

 

Quand le soleil en cache plus que la nuit

 

Inutile de rappeler que l’antre des violets a été loin d’être une citadelle imprenable l’an dernier (cinq victoires en dix neuf rencontres), mais depuis le retour toulousain dans l’élite française, l’OL possède étrangement le profil d’une victime expiatoire. Mieux, il n’a pas inscrit le moindre but en Haute-Garonne depuis novembre 2005. Or, il se présente cette année amputé de huit titulaires ou assimilés (Gourcuff, Malbranque, Fekir, Bedimo, Fofana, Bisevac, Grenier, Dabo). Côté TFC, on ne peut déplorer que les deux départs majeurs de l’intersaison (Aurier et Chantôme, tous deux à Paris dont un retour de prêt pour le second) et les sempiternels « hors de forme » que nous ne nommerons pas ici par respect pour leurs proches. Concentrons-nous donc sur le onze de départ concocté par maître Casanova :

Boucher / Veskovac-Spajic-Grigore / AkpaAkpro-Didot-Aguilar-Trejo-Matheus / Ben Yedder-Braithwaite.

 

Nous voilà embarqués dans la configuration familière du 3-5-2 maison (« conforté par ce que m’a donné à voir la Coupe du Monde » précisait le coach toulousain deux jours avant la rencontre), d’autant que neuf joueurs alignés étaient déjà présents dans l’effectif l’an dernier.

 

Démarrage en trombe avec un tir cadré de Braithwaite (2’), opportuniste au milieu d’une défense centrale adverse confuse. L’action se déroule devant un Virage Ouest vide, puisque à son tour en réfection, mais ce n’est pas tant la distance qui trouble ma vision que des rayons de soleil persistants. Peu de spectateurs ont pensé à s’équiper d’une casquette, ainsi le haut de la tribune incline à qui sa main, à qui son journal sur le front en mode « Marie, ma sœur Marie, ne vois-tu rien venir ? ». Suite à une sortie énergique de Boucher (4’), Spajic reste au sol et une longue pause court-circuite la prise à la gorge du visiteur du jour. Suffit-il que des chants en faveur de Luzenac descendent des gradins pour que se déclenche une contre-attaque d’école. Akpa-Akpro s’appuie sur Trejo pour transpercer le rideau défensif adverse. Un petit ballon piqué permet de contrecarrer la sortie d’Anthony Lopes (9’). Ouverture du score récompensant une belle entame des violets. Dans la foulée, Ben Yedder manque de profiter d’une nouvelle mésentente entre le gardien lyonnais et Koné (10’). On a cru l’espace d’un instant vivre le scénario du Brésil-Allemagne un mois plus tôt.

 

Le soleil gêne au-delà des spectateurs, comme en témoigne les quelques bourdes évitées de justesse entre Boucher et sa défense. Heureusement qu’en face la bête est blessée, même moribonde. Voilà qu’un des rares cadres rhodaniens valides, Samuel Umtiti, se plaint à son tour de la cuisse droite et doit céder sa place prématurément à l’ancien Valenciennois Lindsay Rose (28’). Le jeu s’est sérieusement endormi entre temps, bien avant le couché de l’obturateur jaune. Y’a pas à dire, un match c’est bien plus beau la nuit. Et accompagné de noix de cajou si possible.

 

Braithwaite use, Ben Yedder transforme

 

Une pensée aussi furtive que non apéritive m’envahit : comment l’ami Braithwaite peut-il être à la fois si doué pour être placé dans tous les bons coups (15’, 33’, 38’, 41’) et si peu prompt à scorer en bout du compte ? Ce serait comme posséder le côté Pippo sans le côté Inzaghi. Mais ne jetons pas la pierre au travailleur de l’ombre qu’est le solide Danois, dont les appels en profondeur rendent folle l’arrière-garde lyonnaise. Saluons également un entrejeu qui retrouve des couleurs avec le retour d’Aguilar pour épauler le travail de récupération de Didot, l’implication propre de Trejo. La tactique est désormais rôdée, ce qui évitera le retard à l’allumage de la saison dernière, bien plus chargée en termes de renouvellement d’effectif. Que dire justement des deux petits nouveaux alignés ? Le Brésilien Matheus possède au moins la hargne en commun avec son célèbre homonyme allemand. Sans être encore parfaitement intégré au collectif, on le voit se jeter sur tous les ballons, quand bien même ses relances ne sont pas toujours des plus constructives. Quant à Dragos Grigore, grand gaillard venu de Roumanie, il se signale surtout pour sa discrétion. Même le carton jaune reçu en fin de première mi-temps passe inaperçu. La vitesse de pointe du duo Lacazette-N’Jie aura constitué malgré tout un test concluant.

 

Le retour aux vestiaires se profile sur ce score de 1-0…C’était sans compter sans ce bon petit diable de Ben Yedder. Le meilleur buteur toulousain des deux dernières saisons profite d’un coup franc à vingt cinq mètres pour placer une fine frappe enroulée au bas du piquet droit de Lopes. Tout le monde anticipait un centre, or l’audace du numéro 10 est récompensée par un poteau rentrant. Un but qui fera à n’en pas douter le tour de l’Hexagone ce week-end. Une peur sous-jacente émerge dans mon cœur (et sans doute celui d’autres suiveurs locaux) : le marché des transferts dure encore une petite quinzaine de jours, comment imaginer que des offres ne s’amoncellent pas sur le bureau d’Olivier Sadran concernant cette petite perle ?

 

Des remplacements qui n’ont rien de choix

 

Mais avant d’interroger les éventuelles retombées de la fulgurance des hommes de Casanova sur l’image positive de la restauration selon NewRest, il y a une deuxième période à livrer. Or, il devient vite évident qu’elle sera subie plutôt que vécue. Les blocs se neutralisent davantage, les espaces se réduisent. Les Lyonnais se montrent bien plus incisifs et décidés à réduire l’écart au plus vite. Côté TFC, Braithwaite perpétue sa légende naissante dans le registre technique ne rimant pas avec efficacité : crochets dans tous les sens, coup du sombrero…pour mieux obtenir un corner (49’). Les visiteurs ne sont pas plus en réussite, ils mitraillent la cage de Boucher sans trouver le cadre. Le danger viendra finalement de sa propre défense, d’abord Spajic, passant près de le prendre à contre-pied sur un tacle aventureux (57’), puis surtout le flottement généralisé à partir de l’entrée de François Moubandjé à la place de Veskovac (59’). La frayeur envahit d’ailleurs la tribune en voyant débouler le défenseur suisse, si peu utilisé l’an dernier, si peu convaincant quand il le fut. À l’image des rires gras du rang d’étudiants devant moi sur fond de « Ho putain pas lui ! ». On suppose que le coach toulousain a voulu préserver le Serbe, encore un peu juste physiquement. Lyon ne s’en laisse pas compter et favorise l’offensive avec Bahlouli, nouvelle trouvaille de la formation, en lieu et place de Danic, peu à l’aise en meneur de jeu. L’effet attendu attendra puisqu’on frise le 3-0. Sur une succession de centres fuyants, Ben Yedder finit par détourner, Akpa-Akpro prolonge dans les filets, mais le but est refusé pour hors-jeu indiscutable (63’).

 

Alors que l’OL reste atone, une nouvelle circonstance de jeu va déséquilibrer l’organisation des violets. Le vaillant Matheus voit son genou vriller suite à un appui engoncé dans la pelouse du Stadium (66’) et cède son poste à Issiaga Sylla.

 

L’heure n’est pas encore à l’inquiétude, ce que vient rappeler un nouvel assaut de Ben Yedder (70’). Alors qu’il s’apprêtait à fusiller Lopes, le feu follet est accroché par derrière. L’arbitre central a l’air de se diriger vers le point de pénalty, mais se déjuge lorsque son assistant signale un hors-jeu préalable. Pour le coup, on a le droit d’être plus sceptique. Le jeu se hache un peu plus dans la dernière ligne droite, l’énervement se mêlant désormais aux volontés de serrer les vis d’un côté, faire sauter le verrou de l’autre. Et si cette pâle équipe de l’OL parvient finalement à stopper à 875 sa série de minutes sans marquer au Stadium (Lacazette 75’), elle le doit plus à une jonction d’éléments qu’à sa valeur pure. Ainsi, se sont additionnés l’attentisme d’une équipe menant de deux buts + un changement de composition forcé par le sort  + une décision arbitrale encline à empêcher un échec plus significatif des visiteurs. Les habituels ballons flottant et « coups francs de la dernière chance » ne manquèrent pas d’animer les dernières minutes, mais le TFC restera vissé sur son socle.

 

Place à la communion avec le public. Les joueurs viennent au complet saluer ce Virage Est à la chaleur retrouvée.

 

Regattin dans son salon

 

L’éparpillement des spectateurs est rapide et formel : direction au choix métro, navette, voiture. Quelques irréductibles optent pour une after à La Bodéga du Téf, ce hall/comptoir avec baies vitrées donnant sur la pelouse, auquel on accède par un grand escalier situé en quart de virage. Je ne pouvais manquer ce rendez-vous digestif, un moyen convivial d’attendre la sortie du duo Denis/Jack, affairés sur les ondes de cette chère Radio Mon Païs.

 

J’observe, amusé, le découragement d’une jeune fille de bonne famille pour accéder au lieu : « Pfff, quand je vois toutes ces marches » lâche-t-elle en guise d’épitaphe. Bref, nous ne sommes qu’une quarantaine à prolonger la soirée autour d’une petite bière, pas vraiment le choix du breuvage puisque le bar est d’emblée à court de sangria (faut croire que certains ont pris de l’avance sur le coup de sifflet final). Un animateur annonce la venue de deux joueurs pour agrémenter le debrief : Adrien Regattin (entré à la 82pour suppléer Trejo) et Dragos Grigore. La présence du premier est d’autant plus saluée qu’un tirage au sort décerne un maillot floqué à son nom. L’heureux bénéficiaire a l’outrecuidance d’affirmer qu’il s’agit de la 2e fois consécutive où le sort lui est profitable. Aussi empreinte d’un parfum de communication qu’elle puisse être, cette rencontre démontre la réelle chaleur humaine de Regattin, très disponible pour échanger avec les supporteurs, signer autographes et prendre photos à leurs côtés. Un chargé de com’ du club interrompt tout juste ce ballet pour mettre en ligne le joueur avec une radio nationale. Il s’isole quelques instants avec son portable sans quitter les lieux. Nul ne vient le déranger durant cet entretien. On n’ose imaginer une telle initiative dans un club comme Marseille, ni une telle attitude respectueuse du public. Une famille qu’on vous dit.

 

Grigore semble moins à l’aise avec cet exercice, sans doute aussi par manque de maitrise de la langue, mais ira tout de même jusqu’à signer de son numéro 25 mon exemplaire de l’Équipe du jour. De retour au sein de la foule, Regattin doit refuser à contrecœur de céder son survêtement à un gamin gourmand : « Non, ça par contre ce n’est pas comme les maillots je ne peux pas en lâcher comme ça, sinon je me fais engueuler. » puis s’attarde plus longuemment avec un groupe de proches.

 

Côté comptoir, on s’active pour vider les derniers fûts. Un supporteur ultra, équipé aux couleurs locales de la tête aux pieds, négocie et obtient gratuitement la dernière ardoise de tapas en stock. Il embarque son trésor à table et une nuée de nouveaux amis se fond soudainement autour de lui. Une famille qu’on vous dit.

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